Le rêve “écran-veille” (1’30)
Expres­sion d’une acti­vi­té men­tale réduite (qui n’est jamais tota­le­ment à l’arrêt), il consti­tue un inter­mez­zo pen­dant lequel le “je” rêve peut-être encore, mais ne se sou­vient de rien, sinon de recherches angois­santes et de rues obs­cures. Un orga­nique confit de miné­ra­li­té et végé­ta­li­té pré­cieu­se­ment alté­rées : du louis-xv, du marbre, Mensch Menge, Mensch unbes­timm­ter Menge. Il est impos­sible de don­ner à ce genre de rêves une quel­conque signi­fi­ca­tion, si tant est qu’on par­vienne jamais à les tra­duire en mots, leur mes­sage nous par­ve­nant pour l’essentiel sous la forme de cheat­codes pour Mega­Drive : ABBA BBA AABB (cepen­dant, il n’est pas sûr que ces rêves n’aient pas une fonc­tion bio­lo­gique voire même psy­cho­lo­gique – rééqui­li­brage éner­gé­tique par mise en ordre des infor­ma­tions : sau­ter un niveau, reve­nir au pré­cé­dent, s’étoffer arti­fi­ciel­le­ment pour bien figu­rer au der­nier niveau).
Je regarde en haut. Il fait une poudre noire sur la ville. Alors sous mon cha­peau et dans la bouche j’entends un goût d’encre (avec de minus­cules étuis métal­liques). Je vois. Aus­si comme une cloche sur la poudre noire. Du cer­cueil umbes­timm­ten Men­schen, puis j’entends des pièces nau­tiques du som­meil (sur che­vaux marins). Ravi je songe : un sanc­tuaire micro­sco­pique. Et je traîne mon butin.

Conti­nuer