Ber­nard est né le 30 novembre 1928 et mort le 22 novembre 2014, tout à Paris, comme d’un seul seg­ment mais avec beau­coup de voyages sur le seg­ment [né – mort].

On loue Ber­nard pour son phra­sé. Son arti­cu­la­tion.

La pho­to la plus ico­nique de Ber­nard le repré­sente à genoux, en bour­geois avi­li lisant de la poé­sie-debout. La poé­sie debout dit la sor­tie de la page. Elle dit aus­si le hié­ra­tisme.

On célèbre la beau­té, l’élégance, la classe de Ber­nard de son vivant comme à sa mort. Sa rec­ti­tude est phy­sique ; mora­le­ment souple, Ber­nard ne refuse rien, cri­tique peu, aime uni­ver­sel­le­ment.

Tout le monde appelle Ber­nard Ber­nard.

Ber­nard admet qu’on l’appelle Ber­nard, qu’on le dise écri­vain réa­liste, poète expé­ri­men­tal, artiste d’avant-garde, haut-fonc­tion­naire de l’apréguerre.

L’œuvre de Ber­nard elle-même se laisse inté­grer au cor­pus des légendes cri­tiques qui font les écoles, les cha­pelles, les his­toires et généa­lo­gies sélec­tives ; c’est sou­vent en ce sens qu’on dit les œuvres « incon­tour­nables » – mot de la cri­tique FOMO.Conti­nuer