Ein Quer­sch­nitt durch alles : 1. Long­temps le binaire ama­doua

Ist der einfäl­tige Him­mel
Denn reich ?
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(Frie­drich Höl­der­lin, Was ist der Men­schen Leben ?)

Ver­sion courte : quand le binaire n’amadoue plus, la connais­sance est comme ren­due momen­ta­né­ment indi­geste. Peut-être sur­tout pour les yeux. Peut-être pas.

Ver­sion longue, émol­liente mais pénible, peut-être sur­tout pour les yeux, peut-être pas :

Le binaire ama­douait, tout se lais­sait prendre et cueillir au sein de la matière. Confi­gu­ra­tions ani­mées : prendre. Confi­gu­ra­tions inani­mées : cueillir. Tout savait se consti­tuer bonne chasse et le soir, chasse ayant été bonne, on pou­vait se concen­trer sur l’Être, les légendes, les récits de sau­ve­tage.

Quand l’ère du binaire ama­douant fut gagnée par les brumes, les eaux, les pâtes ali­men­taires, dar­dée par les cieux rous­pé­tants, minée par encore d’autres de ces choses plus sin­gu­lières quand au plu­riel, put com­men­cer le règne de la pro­fu­sion. Les sels, les miels, les huiles, les aulx, plus rien n’accom­mo­dait. Saler, hui­ler, ailler, opé­ra­tions si cou­tu­mières que des mots pour ça s’étaient impo­sés, des mots d’usage, en -age, des mots essen­tiels comme salage, hui­lage, aillage, ces opé­ra­tions cou­tu­mières qui per­met­taient d’accom­mo­der étaient deve­nues aus­si dures qu’atteindre l’orgasme, voire aus­si dures que chan­ter la pre­mière colo­ra­tu­ra de l’Hölle Rache (une infer­nale rage ven­ge­resse bout dans mon cœur) .

Pour­quoi ? Conti­nuer

  1. Le ciel indi­vis serait donc varié­gé ?