04 09 18

Le numé­ro 2 de Lego­vil est dans le monde.

Lego­vil est une revue d’explication. Elle est faite en trois jours par une quin­zaine de gens qui changent. Celle-ci a été faite à Mar­seille les 18 et 19 août 2018, par Pierre Borel, Marion Bre­ton, Jeanne Car­mi­na­ti, Ste­ven Che­val­lier, Joa­chim Cle­mence, Fré­dé­ric Déotte Begh­da­li, Andrea Garces, Antoine Hum­mel, Léa Lanoë, Diane Mala­tes­ta, Oli­vier Nou­ris­son, Gré­goire Sou­rice, Lot­ti Thies­sen et Eri­ca Zin­ga­no.

Pour com­man­der : legobistable@gmail.com
ou Pay­pal (10€ frais de ports inclus) :

testanonpertinente.net/Legovil

16 05 18

Legovil 1 est dans le monde

Le numé­ro 1 de Lego­vil est dans le monde.

Lego­vil est une revue d’explication. Elle est faite en trois jours par une quin­zaine de gens qui changent. Celle-ci a été faite à La Cha­pelle Fif­teen (Paris) par Eri­ca Zin­ga­no, Marie Lehir, Ben­ja­min Levi, Gwla­dys Le Cuff, Oli­vier Nou­ris­son, Fré­dé­ric Déotte, Aline Car­pen­tier, Filipp Rabe, Timo­they V. K. Dyèvre, Ivan Bas­so, Jann Mid­del­bos, Cédric Schön­wald.
La maquette a été faite en deux jours à Calais, sur un mode qui radi­ca­lise la méthode du couper/foutre en cou­pant cou­per. Lego­vil 1 a été sim­ple­ment fou­tue (d’où l’absence de marges inté­rieures et l’arial 11pt géné­ra­li­sé). C’est une sorte de fan­zine sur papier gla­cé.

Pour com­man­der : numé­ro épui­sé. PDF dis­po : Lego­vil, n°1 (93,5 Mo)
testanonpertinente.net/Legovil

04 04 18

Nous appel­le­rons fan­tômes, après le saint doc­teur, toutes les images que l’imagination nous pré­sente, soit qu’elle les ait reçues de l’extérieur, soit qu’elle les ait fabri­quées à l’aide des maté­riaux qui lui sont venus du dehors. Nous divi­se­rons ces fan­tômes en deux classes. La pre­mière com­pren­dra les images inté­rieures que nous nous for­mons en notre fan­tai­sie des mots et des signes qui, mani­fes­tés à l’extérieur, for­me­raient une parole exté­rieure : et ces images inté­rieures, nous les appel­le­rons fan­tômes-signes. Nous met­trons dans une seconde classe tous les autres fan­tômes, c’est-à-dire les images inté­rieures qui repré­sentent en notre fan­tai­sie la chose elle-même, non un signe ou un mot qui exprime la chose : et ces autres images inté­rieures, nous les nom­me­rons fan­tômes-tableaux. […] Nous mon­tre­rons tout à l’heure que les fan­tômes-signes sont ordi­nai­re­ment accom­pa­gnés de fan­tômes-tableaux cor­res­pon­dants, et que les fan­tômes-tableaux sont ordi­nai­re­ment accom­pa­gnés de fan­tômes-signes […]. Les fan­tômes-tableaux sont la même chose que la parole de l’imagination, prise dans l’acception que S. Tho­mas avait prin­ci­pa­le­ment en vue, et les fan­tômes-signes ne sont autre chose que ce que les modernes ont appe­lé la parole inté­rieure.

J.M.A. Vacant, Études com­pa­rées sur la phi­lo­so­phie de Saint Tho­mas d’Aquin et sur celle de Duns Scot, Del­homme & Bri­guet, Paris Lyon, 1891, pp. 168–169

Napo­léon repro­chait à ses géné­raux une ima­gi­na­tion épique, de celle qui se fait des tableaux.

« Vous avez un défaut ter­rible qui empêche toute action, toute déci­sion et tout cou­rage, c’est le genre d’imagination qui, sur­tout, se fait des tableaux. »

Bar­bey d’Aurevilly
recen­sion de L’Éducation Sen­ti­men­tale

Figu­rons-nous main­te­nant […] un de ces géné­raux en chef qui se font des tableaux, comme dit Napo­léon, c’est-à-dire qui dans une mouche voient un élé­phant.

Mikhaïl Dra­go­mi­rov, géné­ral de l’armée tsa­riste
Guerre et paix de Tol­stoï au point de vue mili­taire

Se faire des tableaux, quand on n’est pas des géné­raux, c’est aus­si, par assué­tude ou par las­si­tude, oublier de tailler un conçu avant d’étaler son per­çu. Léo­nard de Vin­ci, qui pen­sait que des peintres étaient de leur pra­tique trop les géné­raux et pas assez les ingé­nieurs, a écrit en sub­stance :

C’est vrai que si tu te poses devant un mur plein de taches et que tu t’y absorbes un moment en ima­gi­nant, des fonds et des formes plus ou moins nets y appa­raissent, qui par leur vague rap­pellent tout ce qu’il y a autour (voire des mondes plus loin­tains dans l’espace et le temps), et par leur net des pay­sages connus, moins par­faits que typiques, des reliefs nus, chauves d’antennes, des ter­rains de jeu enfuis du cadastre. En y allant un peu plus fort tu vois aus­si, sur ces pans bario­lés, d’anciennes scènes de com­bat avec leurs répres­seurs et les chiens qui s’affairent au fond sem­blant les imi­ter (comme Dio­gène, dés­œu­vré, sin­geait les armées colo­niales) ; bref un bor­del de faune humaine-non­­hu­­maine naît de ces taches, un bor­del enga­geant par la force des choses. Il en est de ces murs comme du son des cloches, dont chaque tin­te­ment détache, dans le bas­so du mi-silence urbain, des noms fami­liers et ché­ris ; ils indiquent un plan de découpe, c’est sûr, mais ils ne four­nissent pas les frondes.

Sur le mur de Vin­ci, Bre­ton dit que cha­cun fait com­pa­raître et para­der les « fan­tômes les plus pro­bables de son deve­nir ». Les fan­tômes n’existent pas.
Conti­nuer

31 03 18

De la théo­rie d’en venir à, des états de revou­loir savoir, de la poudre d’on ne com­prend rien. Sai­son hiver 15/16. Sort aujourd’hui ver­sion papière.

27 02 18

par le Comi­té de Pla­ni­fi­ca­tion du Sagoui­nat


Qu’est-ce qu’un bungalow ?

Un bun­ga­low est une uni­té d’habitation de vacance. On ne réside en bun­ga­low ni comme on prend un appar­te­ment, ni comme on des­cend à l’hôtel. On n’entre pas plus dans un bun­ga­low comme on entre en ménage. Un bun­ga­low est une uni­té d’habitation de vacance (Frei­zeit­woh­nein­heit).

Comment sont conçus vos bungalows ?

Dans les règles de l’art du bâtis­se­ment de bun­ga­lows, avec les siècles de der­rière, l’alliage du savoir et du faire colons et ges­tion­naires à la pointe, l’esprit de pool et le sens du bud­get — sans oublier : votre concours indus­trieux à nous regar­der faire en nous pro­po­sant des cafés.


Où se procurer vos bungalows ?

Nous les construi­sons, par toute tem­pête et tout soleil, en Dor­dogne ou chez vous — par­toùt se trouve du bois, du maté­riel de véran­da, la plus petite Frac­tion d’Insolation Pos­sible. Nos bun­ga­lows sont conçus pour être annuel­lap­pré­ciables (selon le prin­cipe de la Ganz­jahr­nutz­bar­keit). Vous devrez néan­moins nous pré­sen­ter un pro­jet de vie secon­daire et votre dis­po­si­tion à vil­lé­gia­tu­rer. Nous ne construi­sons en dur que pour la vie molle. Il est impor­tant que vous ne fas­siez rien, ou peu, à la mesure du tout dont nous nous occu­pons.

Comment reconnaître un bungalow ?

Cf. infra.



Un bun­ga­low, il y faut quatre choses qui sont des contraintes-sources et des objec­tifs-cer­ti­fi­ca­tions :
1. un nom nor­mé ;
2. une réponse à « où est la porte ?» ;
3. une fenêtre ;
4. un papier qua­drillé fin ou mil­li­mé­tré.


1. Le nom normé : « le / the / der » + « bungalow » + «[#BungalowUniqueId]»

Le nom est nor­mé selon les normes DIN-86D808LL et AFCOR-16D247L. Il est déno­ta­tif-clair (c’est presque un numé­ro). Le nom du bun­ga­low est la marque insigne de ce que le bun­ga­low appar­tient au pro­jet. Un nom bien déno­tant, bien clair, et c’est un bun­ga­low du pro­jet. Si le bun­ga­low n’a pas le nom nor­mé, c’est un bun­ga­low hors pro­jet, c’est-à-dire à ses risques pas un bun­ga­low du tout.



Le nom nor­mé témoigne de la vision (déno­ta­tive, claire). Le nom bien nor­mé, bien choi­si, bien clair, c’est la dési­gna­tion par­faite. Quand il y a inhæ­sion entre le nom du bun­ga­low et le plan du bun­ga­low, il y a com­mu­nion dans la norme et la construc­tion va toute seule. Des vivats sont lan­cés ; on s’arrête un moment de s’alimenter car c’est la fête. La fête nor­male de la com­mu­nion du nom et du plan, c’est l’assurance de regar­der la chose même quand on regarde le doigt.



Le nom nor­mé du bun­ga­low indique l’appartenance du bun­ga­low à plus grand que soi. Le bun­ga­low est dans sa classe quand il est nom­mé nor­ma­le­ment d’après son nom dans sa classe, c’est sa place. Le bun­ga­low répond (ents­pricht) à la norme et à l’appel. Un bun­ga­low bien nom­mé, c’est un bun­ga­low qui se sait essen­tiel au pro­jet et insuf­fi­sant à l’habiter seul : si le pro­jet « Les Bun­ga­lows » tient du holisme, c’est d’un holisme du kit. [Se repor­ter à Cen­ter Parc.] Le nom par­ti­cipe de la puis­sance invi­tante et la puis­sance admi­nis­trante du bun­ga­low. Le nom est beau (bien trou­vé) : il est invi­tant. Le nom est cor­rect (bien nor­mé) : il est admi­nis­trant. Beau nom + nom cor­rect : bon nom, bon bun­ga­low.


2. La réponse à « où est la porte ?»

On ne laisse pas filer un bun­ga­low dans le monde sor­dide du bâti sans l’avoir sou­mis à une série de tests de via­bi­li­té. Le test emblé­ma­tique de cette série, au point qu’il absorbe tous les autres termes de la série, c’est la ques­tion « où est la porte ?» ; qui sait y répondre s’assure péren­ni­té devant le bâti et tran­quilli­té équa­nime devant les vil­lé­gia­tu­rants. La réponse à la ques­tion de la porte est l’information mini­male don­née par le bâtis­seur à l’utilisateur ; elle mani­feste la dis­po­si­tion du bâtis­seur à aider, ser­vir, mettre en ser­vice au ser­vice (Hilf­sbe­reit­schaft).



Les bâtis­seurs de bun­ga­lows savent bien qu’une bonne porte est tou­jours « de ser­vice » — voire même toutes en comp­tant les mau­vaises incluses. La porte de ser­vice n’est pas une issue de secours, n’est pas une ouver­ture sage en attente de la catas­trophe. En bun­ga­low, la porte de ser­vice est la porte com­mune : entrée, sor­tie, récep­tion du cour­rier, livrai­son des piz­zas, expé­di­tion du linge aux bonnes, pre­mières et der­nières bises, acti­vi­tés de pas (mou­choirs, météo) ou de per­ron (rema­nie­ment minis­té­riel, poème, for­male Anzei­gen). La porte du bun­ga­low n’est dite « de ser­vice » que dans la mesure où dans ses gonds se tapit le bâtis­seur hilf­sbe­reit, dis­po­sé à répondre aux ques­tions et à sug­gé­rer des usages. C’est le Génie des Gonds : il en sort quand on l’agace, prêt à ser­vir.
La porte prin­ci­pale-de-ser­vice occupe un des spots du bun­ga­low. Ce spot est consti­tué d’un où plu­sieurs slots. L’unité des slots est le petit car­reau (cf. infra).


3. La fenêtre

Une fenêtre est une ouver­ture faite dans un mur pour lais­ser péné­trer l’air et la lumière, d’où on voit faci­le­ment qu’un bun­ga­low en néces­site. Vacances sans air et sans lumière : déplai­sance, manque d’appétit, frais de san­té sup­plé­men­taire. Une fenêtre est aus­si une vitre ajou­tée où il y avait du vide. C’est ce der­nier type que nous pri­vi­lé­gions — d’ailleurs un bun­ga­low peut être consi­dé­ré comme une grande vitre fou­tue là (dahin­ge­macht). Le bun­ga­low pour­voit en Lim­pi­di­té Bleue des Tro­piques et fraî­cheur du large : chez nous, chez vous, tou­jours de l’air et de la lumière. On fait des fenêtres de 12 mètres de haut dans les colon­nades d’autant — la chan­cel­le­rie a aimé.
Aus­si, la fenêtre per­met que le monde de hors du bun­ga­low soit vue dans la pers­pec­tive même de la norme dont le bun­ga­low fait célé­bra­tion (rec­tan­gu­laire), donc accroît le plai­sir et la conte­nance (Gelas­sen­heit) — c’est démon­tré : voir le monde à tra­vers une pers­pec­tive « comme ça » est ras­sé­ré­nant.


4. Le papier de petite carrière

Un papier qua­drillé fin s’appelle kleinka[r]riert («le papier petit-qua­drillé / de petite car­rière»). Klein­ka­riert est qui pense par slots, s’enquiert du nor­mage, place sa porte de ser­vice, sa vitre-là. Le papier de petite car­rière est le papier des Gens du « Créa­tif » (Krea­tiv­leute) dans les entre­prises de ration.
Le phé­no­mène du « Créa­tif » est mal connu ; conten­tons-nous ici de rap­pe­ler que si la Créa­tion est en pierres, peaux, tresses, arômes, le « Créa­tif » est de même forme mais en allu­mettes.
Le « Créa­tif » est en cours. Le petit car­ré radi­ca­lise et idéa­lise le rec­tangle, qui mar­quait, dans le monde ancien, l’emplacement d’un ciel des­cen­du, et, dans le monde nou­veau, celui d’un temple enle­vé. Dans le monde contem­po­rain, le bâton de l’augure est rem­pla­cé par l’allumette : le « Créa­tif » est en marche.


Résider en bungalow est-il permis si on veut bien ?

L’adaptation de nos bun­ga­lows aux besoins pré­cis est assu­ré par nos tests de via­bi­li­té qui, à leur tour, s’appuient sur la puis­sance admi­nis­tra­tive bun­ga­lesque nana­na. Donc c’est un para­doxe com­pré­hen­sible que leur viva­bi­li­té invi­tante aurait pour résul­tat des dési­rs d’y prendre habi­ta­tion dont les normes DIN, etc., sti­pulent une pro­hi­bi­tion stricte. Il y a des excep­tions pos­sibles et il peut arri­ver d’habiter en bun­ga­low comme dans une mai­son de rési­dence nor­male (non-fes­tine). N.B. : C’est que ces excep­tions tombent dans le cadre de si-on-veut-bien, même si ça arrive anec­do­ti­que­ment. Chaque per­sonne vou­lant rési­der en bun­ga­low de per­ma­nence est conseillée de se por­ter can­di­date pour une carte de résident sans oublier l’adage selon lequel si tu résides, c’est fou­tu.



NOUS AVONS LE PROJET (SA MARQUE INSIGNE) — POUR, LE BÂTI, VOUSVOUS N’AYEZ PAS CRAINTENOTRE DISPOSITION VA VOUS AIDERPRINCIPE : L’ADMINISTRATION DU SERVICENOUS, POUR VOUS, CONÇOISLAISSE FAIREPOUSSE-TOIPRENDS SOIN DE TOINOUS DÉCOUVRIR, NOUS CONTACTER :
http://www.testanonpertinente.net/Bungalows/bungalows.html