Aller au contenu↑

Explication

24 entrées
Mode : ParléGenre : Explication

My typical steak marinade that I created

My typical steak marinade that I created est le titre de l’improvisation donnée à Marseille le 11 octobre dernier, à ActOral. C’est un truc travaillé lors d’heures pérambulatoires-réjouissantes intitulées Going to the beach for culture, dont nous publierons bientôt ou un jour ou peut-être pas les minutes.

La phrase My typical steak marinade that I created est un mentisme né lors de ces pérambulations. Il est issu d’un commentaire spammeur qui vante une recette de marinade pour steak supposément unique :

I had bought some prime rib steaks and wanted a good recipe, something other than my typical steak marinade that I created.1

L’espèce de redondance égotrippée de my steak marinade that I created, et son association avec l’adjectif typical, un adjectif évaluatif normalement réservé à un juge extérieur, le fait que la typicité soit décrétée de l’intérieur, unilatéralement, formellement proclamée, comme sur un dépliant touristique, ce décret de vibrante singularité fit pour nous de l’expression steak marinade le mème condensateur de la banalité et de la typicité, le schème commun actualisé de la singularité contemporaine (publicitaire, soucieuse de son effet).

  1. J’avais acheté des entrecôtes de bœuf et cherchais une bonne recette, autre chose que ma marinade pour steak typique que j’ai créée. ↩
Mode : ÉcritGenre : Explication

Le chevauchant cravachant le galopant

HTML : Le chevauchant cravachant le galopant

Un texte sur Marcel Jousse, son anthropologie de la connaissance par le geste. Pour Jousse (le prêtre anthropologue artilleur mystique sarthois au vocabulaire bourgeonneux), l’anthropos fait des drames pour soi-même – est mimodramatiste. Ses drames consistent en des jeux erratiques. L’anthropos jouit de l’indétermination de ces jeux et de la possibilité préservée d’une reprise, d’un recommencement. Mais la tentation du partage des règles est forte, et les jeux erratiques se cristallisent en jeux ordonnés. Le ruissellement et le scénario sont deux aspects antagonistes de ces jeux ; chacun exerce une pression et une séduction avec lesquelles notre mimo doit composer, notamment dans ses rapports à l’image et à la légende.

Mode : ÉcritGenre : Explication

L’Orchésograpie de Thoinot Arbeau

Tombé sur L’Orchésograpie de Thoinot Arbeau (1588), un recueil de notations chorégraphiques pour branles, appellation générique qui regroupe des danses populaires héritières de la ronde médiévale. Le texte prend la forme d’une dispute entre l’auteur et un contradicteur imaginaire. Pour le lecteur d’aujourd’hui, c’est un maquis d’orthographes irrégulières et réjouissantes.

À propos du bransle des chevaulx :

A ce propos, jay veu que l’on dançoit en ceste ville un branle, qu’on nommoit le branle des chevaulx, ou l’on faisoit des tappements de pied, comme au branle precedent, & me semble que l’air est tel ou semblable que voyez en la tabulature suyvante, laquelle se dançoit par mesure binaire, comme le branle commun, le jeune homme tenant sa Damoiselle par les deux mains. Le commencement de l’air dudit branle estoit comme voyez icy notté, & se dançoit par quatre doubles a gaulche, & par quatre doubles a droit.

arbeau

Double a gaul. Double a droit. Double a gaul. Double a droit. Double a gaul. Double a droit. Double a gaul. Double a droit.

À propos de la volte :

Arbeau
Et aprés avoir tournoyé par tant de cadances qu’il vous plaira, restituerez la damoiselle en sa place, ou elle sentira (quelque bonne contenance qu’elle face) son cerveau esbranlé, plain de vertigues & tornoyements de teste, & vous n’en aurez peult estre pas moins : Je vous laisse à considerer si cest chose bien seante à une jeusne fille de faire de grands pas & ouvertures de jambes : Et si en ceste volte l’honneur & la santé y sont pas  hazardez & interessez. Je vous en ay desja dit mon opinion.

Capriol
Ce vertigues & tornoiements de cerveau me fascheroient.

À propos des mouvements de la gaillarde :

Capriol Vous ne me dictes point comme pourra estre ceste obliquité, ce que je ne vous demande pas sans cause, car les Geometres tiennent qu’entre les lignes de l’esquierre, il y a infinies lignes obliques.

Arbeau Ceste obliquité est delaissee à l’arbitraige du danceur, tellement que s’il luy plait, il mettra le pied qui se repose à l’esquierre contre le pied qui soustient le corps, ou en tel lieu qu’il luy plaira, entre deux, approchant le pied joinct, pourveu que ce ne soit ledit pied joinct : Car de passer le traict de l’esquierre, la flexion de la jambe ne le permect naturellement : Voyez cy la figure dudit mouvement des pieds joincts obliques.

Pied joinct oblique gaulche. / Pied joinct oblique droict.

arbeau2