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Publié chez Flammarion

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Mode : Lu

La mélancolie aiguë affecte souvent celles qui ont pénétré fort avant en la Matière alors que gloussements espiègles et humeur folâtre semblent l’apanage de celles qui en sont aux tout premiers stades. Les jeunes Donzelles enamourées se distinguent par leur faiblesse de concentration, leur manque de réflexion, leur tendance à gigoter, gambader, gambiller et poser un œil baladeur sur toute belle brûlante du même désir de batifoler.
Surviennent les frissons, les fièvres nocturnes, la maniacale et bizarre habitude d’inventorier des objets aussi communs que les pavés, les bonnets de hussards (lors qu’elles habitent Londres), les flèches de clocher, les panerées de mûres, les pattes de robes, les sabots de chevaux et les étoiles des cieux.
Dans les six à huit semaines qui suivent, cet état fait place à une grande sobriété accompagnée de pensées de transmigration et lévitation, de myopie et brûlures. L’œil larmoie, le souffle se précipite, la rate se dilate, l’épiglotte va et vient, avalant le cœur en un mouvement perpétuel. Sur quoi l’on voit les veines enfler, les nerfs se crisper, les paumes se couvrir de sueur, les pieds perdre leur agilité, les viscères se contracter et, de même que, dans l’ancien temps, une personne atteinte d’hydrophobie aiguë croyait en son urine voir flotter une portée de chiots, de même dans les eaux de la Jouvencelle morfondue peut-on voir se profiler, aussi menue qu’une graine de carvi, la longue silhouette drapée de Vénus, un trident dans la main droite et une guêpe chasseresse sur le poignet gauche.
On a ouï dire que l’une de ces malheureuses, à l’agonie, croisa une entière académie de Traînées couchées sur une conque marine, lesquelles se mirent à cracher le feu et à faire rage jusqu’à ce que le corps du fluide fût à ce point embrasé dans le vase de nuit qu’il ressemblât à du brandy brûlant : il se répandit alors sur l’Infortunée, la pénétra dans un nuage de fumée et, en moins d’une seconde, ne laissa plus d’elle que des charbons ardents.
Quoi qu’il en soit, d’aucunes tiennent que la maladie et ses symptômes présentent des formes trop variées pour autoriser la moindre classification : il faudrait minutieusement décrire la totalité de l’Anatomie pour cerner ne fût-ce que le plus petit cirre de l’Affection, de l’Affliction et de l’Angoisse.
Certaines Damoiselles sont d’une telle complexion que rien, fors la vanité blessée, ne saurait les déconcerter. Tressant du lierre dans leur chevelure et rehaussant leurs tempes d’un brin de laurier, elles fredonnent sans désemparer leur rengaine favorite « Moi je suis moi ! » sans daigner s’inquiéter de rien sinon de la réplique « Et après ? » question qui a l’heure de les plonger dans une telle fureur qu’elles seraient toutes prêtes à mettre en lambeaux les toilettes de leurs compagnes : le visage soudain convulsé d’un si vain orgueil qu’il ne laisse point d’évoquer celui de la louve spoliée de ses petits.
D’aucunes, pourtant, sont d’une autre trempe. Toujours tendres et câlines, elles n’ont point de plus grand plaisir que de se prodiguer en sacrifices et cadeaux, et de joncher le sol de roses à l’approche de leur bien-aimée. Elles ont l’œil limpide, le coin des lèvres retroussé, les cheveux soyeux de l’enfance, la bonne mine, le caractère égal, le cœur fier et ce courage qui souvent passe pour folie. A toute heure on peut compter sur elles et, mortes et enterrées, elles gardent encore les traits réguliers de l’horloge loyale qui, n’ayant jamais avancé ni retardé, a sonné l’heure exacte tout au long du séjour terrestre. Et si, désormais condamnées au silence, elles cessent de témoigner c’est parce que le Seigneur, brandissant ses ciseaux, a coupé les balanciers.

Acute Melancholy is noticeable in those who have gone a long Way into this Matter, whereas a light giggling, dancing Fancy seems to support those in the very first Stages ; brief of Thought ; cut of Concentration ; a Tendency to hop, skip and jump, and to misplace the Eye at every single or several Manifestation of Girl in like Distemper.
Chill succeeds, and Restlesness at Night, or unaccountable Tabulation of unimportant Objects, such as FlagStones (Busbys an she be in London !) Steeples, Mulberries in Baskets, Tabs to Dresses, Hooves to Horses, and Stars in the Sky.
This gives place, in from six to eight Weeks, to a Sobriety that includes thoughts of Transmigration, Levitation, Myopia and Blight. The Eye trickles, the Breath is short, the Spleen is distended, and the Epiglottis rises and falls like the continual swallowing of the Heart. Whereupon the Veins are seen to lift themselves, the Nerves twitch, the Palms become moist, the Feet lose their activity, the Bowels contract, and, as in the old Days when a Person in the last stages of Hydrophobia sometimes found small Whelps in the Urine, in the Waters of such is seen the fully Robed on-marching Figure of Venus no larger than a Caraway Seed, a Trident in one Hand an d a Gos-Wasp on the left Fist.
One such, in the Death Agony, is said to have passed a whole School of Trulls, couched on a Conch Shell, which such, emitting Fire, raged until they had brought the Body of the Fluid to such Flame in its Night Vase, that it resembled a burning Brandy, and so ran upon the Sufferer that she was seen to be re-entered in a burst of Smoke, and was thus, in less than a Second, a charred and glowing Ember. Be this as it may, there have been some and several who hold the Sickness and the Signs of such are diverse to the Point where Classification becomes almost impossible ; an whole Anatomy would needs be penned to get at so much as the smallest Tendril of the Malady, Grief and Agony.
Others be of a Temper that nothing will discountenance them save Vanity. These are seen twining Ivy in their Hair, or dashing a Sprig of Bay athwart the Temples, while intoning, « I am I ! » nor deigning to have Trouhle whatsoever, unless someone demand « What of it ? » which does send them into such a Fury that the very Raiment of their Company is in Danger, and so distorted are their Faces by bootless Pride, that they resemhle, in no small degree, the Wolf despoiled of her Litter.
Still others are of a different Dye, and are sweet and tender always, and find much Pleasure in making Sacrifices and Gifts, and in strewing Roses before the oncoming of their Adored. In such one sees the limpid Eye, the upcurved Mouth, the silken Child’s Hair, the bonne mine, the regnant Temper, the strong Heart and the Courage that goes for Folly. Such can be counted on at all hours, and are buried when dead, with the look of the good Clock which has heen never slow or fast, but has tolled the exact hour for the duration of Mortality, and is silenced only and unrecording, for that the Lord put forth his Shears and cut down the Weights.

Mode : Lu

Aussi coupante dans sa dérision qu’un instrument chirurgical, la voix résonnait d’un bout à l’autre de l’année, jour après jour, sans parvenir à d’autre conclusion que celle-ci :
--- J’ai tâté tous les procédés, mathématiques, poétiques, statistiques et rationnels pour pénétrer au cœur de ce désordre appelé filles. Filles ! Et nulle part je n’ai pu découvrir la source où la femme puise cette prérogative qui la rend si habile à prodiguer la Béatitude à nulle autre pareille. Qui lui a imparti les instructions, la sagacité et la turpitude nécessaire ? Où et dans quelle chambre obscure l’arbre fut-il à ce point coupé de Vie que la branche dût se tourner vers la branche et faire des coursonnes un jardin d’extase ?
Un rire joyeux accueillit ces mots et l’on put voir Dollie Dingue, en vaste basin à ramages de fleurs de pommiers courir allègrement derrière les charmes démesurés de Senorita Butineuse, adpte forcenée de la Marche vrombissante sur Rome.
--- De mon temps, poursuivit Patience Scalpel, les Femmes avaient assez de tracas à roussiner avec le père de leurs enfants. Qu’est-ce donc, en cet an de grâce, qui fait la pareille s’apparier avec la pareille, sans jamais entre elles l’écran d’une barbe, écorce contre écorce, dût-on les écaler jusqu’à la l’amande ? M’est avis – dit-elle rêveusement, levant ses yeux semés d’étoiles vers les branchages où, fidèle à la méthode pérouvée, un vanneau était tout à la joie de s’accoupler et de s’assurer une couvée – qu’elles aiment surtout l’Heure qui sonne et feraient volontiers fi des moments qui l’engendrent.
Après un instant de réflexion elle ajouta plaisamment :
--- Putes ! Les Mères de bonne volonté devraient-elles se mettre à l’œuvre pour donner à ces fines bouches une nouvelle génération ? Elles-mêmes ne concevront point d’enfançonnes à moins que l’Une de nous ne emtte bas ! Eh bien, je ne serai point celle-là. Elles plumeront qui elles pourront. Mes filles, elles, en justes noces convoleront !

Thus her Voice was heard throughout the Year, as cutting in its Derision as a surgical Instrument, nor did she use it to come to other than a Day and yet another Day in which she said, « I have tried all means, Mathematical, Poetical, Statistical and Reasonable, to come to the Core of this Distemper, known as Girls ! Girls ! And can nowhere find where a Woman got the Account that makes her such a deft Worker at the Single Beatitude. Who gave her the Directions for it, the necessary Computation and Turpitude ? Where, and in what dark Chamber was the Tree so cut of Life, that the Branch turned to the Branch, and made of the Cuttings a Garden of Ecstasy ? »
Merry Laughter rose about her, as Doll Furious was seen in ample dimity, sprigged with Apple Blossom, footing it fleetly after the proportionless Persuasions of Senorita Fly-About, one of Buzzing Much to Rome !
« In my time », said Patience Scalpel, « Women came to enough trouble by lying abed with the Father of their Children. What then in this good Year of our Lord has paired them like to like, with never a Beard between them, layer for layer, were one to unpack them to the very Ticking ? Methinks », she mused, her Starry Eyes aloft, where a Peewit was yet content to mate it hot among the Branches, making for himself a Covey in the olden Formula, « they love the striking Hour, nor would breed the Moments that go to it. Sluts ! » she said pleasantly after a little thought, « Are good Mothers to supply them with Luxuries in the next Generation ; for they themselves will have no Shes, unless some Her puts them forth ! Well I’m not the Woman for it ! They well have to pluck where they may. My Daughters shall go amarrying ! »

Mode : Lu

Parce que le travail est odieux, l’aventure illusoire, on veut réduire le malheur du temps, rien de plus naturel. Parce qu’il échoue, redouble le mal en esquivant la souffrance, le Pfuscher1 inscrit dans les choses une déprédation : individuelle, elle signe une dépravation ; sociale, elle s’efface dans l’économie. Être des confins politiques, mercenaire sans romanesque, le Pfuscher vous inflige sa marque un jour ou l’autre. Ce qu’au fond il recherche par n’importe quels moyens, voire par l’intelligence la plus acérée, une immense tendresse, c’est proprement vous estropier. Le monde résonne si mal du bruit de ses pas ! À l’origine de l’aventure, le vice, et ce que rencontre d’abord l’aventurier sont les vicissitudes : travaux arbitraires, méfaits. L’aventurier va jusqu’au bout afin qu’au bout plus rien n’arrive, c’est toujours un homme couvert, couvert par des fusils comme le Pfuscher l’est par son assurance. L’un part, l’autre ne part pas. Afriques, Afriques, vieille Europe, toutes les villes n’ont pas eu la chance d’être rasées. J’aime Lorient car c’est nulle part.
L’art peu grandiose de couvrir ne franchit pas de frontières () inconnues. Que son commerce soit néanmoins mortel nul ne le saura, comme on connaît mal le Pfuscher au-delà des sommaires. Si l’aventure a ses disparus dont on parle, pas plus que l’accidenté, le Pfuscher n’est une figure sociale émergente. Sociologiquement parlant, le Pfuscher appelle le contre-maître, mais personne ne vit sociologiquement. Question politique mêlée encore de lourds secrets personnels. Société de négligence, société de surveillance. Même chose. […]
L’artiste couvreur parle du Pfuscher avec un brin d’arrogance. Le Pfuscher n’est pas médiocre, il abîme. En gâtant, il produit des fermentations ambiguës, quoique peu originales, plutôt sur la pente, il est le mouvement du monde, sa grisaille proliférante néanmoins vivante. L’art de couvrir est stérile, la Pfuscherei l’intéresse, elle le constitue à la limite en héros anonyme. Pour l’instant, il tâte le fond de l’air.

  1. Mot allemand qui signifie bâcleur, bousilleur, gâcheur. Pfuscherei : le travail du Pfuscher. Conséquence probable de l’absence d’art dans la production en tant qu’exécution. ↩
Michel Vachey« L’art de couvrir » Archipel plusieurs [1981]Flammarion2021p. 354-355éd. L. L. de Mars
Mode : Lu

Dans une description littéraire ou ordinaire on va d’un mot à l’autre, et l’homme ordinaire tout comme le littérateur se persuade qu’entre les objets se déploie un espace plus ou moins intéressant, plus ou moins pauvre et inoffensif, connu ou prévisible, vide, neutre, disparate. L’incident se produit, et parfois la pensée avec, quand un objet ou un être se met à faire quelque chose, et qu’alors peut-être entre deux objets ou êtres, entre un objet et un être, etc., un lien s’établit, que l’insignifiant signifie soudain. Il est souvent possible de raconter ce qui arrive de manière plus ou moins pittoresque et savante, qui n’a pas été témoin d’une collision entre véhicules ? De l’état de la chaussée à l’alcootest, de l’Aménagement du Territoire aux Maladies, du jean du chauffeur à la délinquance, etc., l’entre des choses, des faits et gestes se remplit mettons d’un pullulement. Où commence la relation, où commence le terme, même s’ils s’achèvent ensemble dans le constat à l’amiable ou à la morge pour parer au plus pressé ?
Anthropomortphique, égotique, heureux, encombré d’une langue baveuse, j’en refais pour faire l’intéressant, avec hypocrisie, puisque me fascinent également ces variables qui font bip-bip, inéquation sans mucus où s’abîment acteurs et circonstances, noms, verbes, adjectifs, adverbes et quelques autres vétilles (). Du borborygme enfantin aux sublimes schémas imprononçables, du corps à la machine. Une machine pourra couvrir que ce ne sera pas un art, c’est-à-dire qu’il y aura du ratage, des produits défectueux, des loups. L’artiste connaît bien des difficultés et des obstacles, il peut rater non seulement une toile (et aussi repeindre dessus) mais d’une certaine façon sa vie, il ne fabrique pas de loup, sauf mécanisation du travail. L’artiste efface, déplace, ratrappe un pli, emploie défaut et erreur sans les enrôler, il inutilise l’outil, jusqu’à ce que tout vienne à terme. Une machine est toujours un terminal, même si au long du parcours tout est prévu pour rectifier, alerter. C’est le grand arrangement, on ne peut pas s’arranger avec. D’où inévitablement les sabotages. L’art, lui, peut simplement disparaître. Beaucoup plus facilement que la pensée chez un idiot.
Le projet d’une machine est enfermé intégralement dans une structure arrêtée, la rétro-action est tout ce qu’on veut sauf une action. Qu’on lubrifie une machine, la munisse d’un régulateur de lubrification, il subsiste une question du genre : va-t-on lubrifier le lubrificateur ? etc. Une relation peut bien éclater, des termes se modifier ou s’évanouir, d’autres schémas s’établir, d’autres machines, totalement différentes, par le biais de mathématiques inouïes, il a fallu en passer par la langue baveuse, il faudra reposer le pied au sol.

Michel Vachey« L’art de couvrir » Archipel plusieurs [1981]Flammarion2021p. 351-352éd. L. L. de Mars
Mode : Lu

L’essai coordonne les éléments au lieu de les subordonner. […] Si l’essai, comparé aux formes dans lesquelles un contenu tout prêt est communiqué de manière indifférente, est plus dynamique que la pensée traditionnelle, grâce à la tension entre la présentation et la chose présentée, il est en même temps plus statique, en tant qu’ensemble construit de juxtapositions.

Theodor Adorno« L’essai comme forme » Notes sur la littérature [1954-1958]trad. Sibylle MullerFlammarion1984p. 27
Mode : Lu

L’essai est à la fois plus ouvert et plus fermé qu’il ne plaît à la pensée traditionnelle. Il est plus ouvert dans la mesure où sa disposition propre nie le système et où il répond d’autant mieux à ses propres exigences qu’il s’y tient plus rigoureusement ; les résidus systématiques de certains essais, comme par exemple l’infiltration d’études littéraires par des philosophèmes largement répandus, acceptés tels quels, ne valent guère mieux que des trivialités psychologiques. Mais l’essai est plus fermé, parce qu’il travaille de façon emphatique à la forme de la présentation. La conscience de la non-identité de la présentation et de la chose la contraint à un effort sans limites.

Theodor Adorno« L’essai comme forme » Notes sur la littérature [1954-1958]trad. Sibylle MullerFlammarion1984p. 22
Mode : Lu

L’essai doit faire jaillir la lumière de la totalité dans un trait partiel, choisi délibérément ou touché au hasard, sans que la totalité soit affirmée comme présente. Il corrige le caractère contingent ou singulier de ses intuitions en les faisant se multiplier, se renforcer, se limiter, que ce soit dans leur propre avancée ou dans la mosaïque qu’elles forment en relation avec d’autres essais ; et non en les réduisant abstraitement à des unités typiques extraites d’elles. « Voilà donc ce qui distingue l’essai du traité. Pour écrire un essai, il faut procéder de manière expérimentale, c’est-à-dire retourner son objet dans tous les sens, l’interroger, le tâter, le mettre à l’épreuve, le soumettre entièrement à la réflexion, il faut l’attaquer de différents côtés, rassembler ce qu’on voit sous le regard de l’esprit et traduire verbalement ce que l’objet fait voir dans les conditions créées par l’écriture. » (Max Bense, Über den Essay und seine Prosa) Le malaise que cause cette procédure, le sentiment qu’on pourrait continuer ainsi indéfiniment selon son caprice, tout cela est à la fois vrai et non vrai. C’est vrai parce que en fait l’essai ne conclut pas et que son incapacité à conclure apparaît comme une parodie de son propre a priori ; on l’accuse alors de ce dont sont coupables en réalité ces formes qui effacent toutes les traces de caprice. Mais ce malaise n’est pas vrai, parce que la constellation de l’essai n’est tout de même pas si arbitraire que se le figure le subjectivisme philosophique qui transporte la contrainte de la chose dans celle de l’ordre conceptuel. […] L’essai se révolte contre l’oeuvre majeure, qui reflète celle de la création et de la totalité.

Theodor Adorno« L’essai comme forme » Notes sur la littérature [1954-1958]trad. Sibylle MullerFlammarion1984p. 21
Mode : Lu

Des éléments distincts s’y rassemblent [dans l’essai] discrètement pour former quelque chose de lisible ; [l’essai] ne dresse ni une charpente ni une construction. Mais, par leur mouvement, les éléments se cristallisent en tant que configuration. Celle-ci est un champ de forces, de même que sous le regard de l’essai toute oeuvre de l’esprit doit se transformer en un champ de forces.

Theodor Adorno« L’essai comme forme » Notes sur la littérature [1954-1958]trad. Sibylle MullerFlammarion1984p. 17-18