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Mode : Lu

Cet idéalisme n’avait rien de concret, parce que l’idée de concret est liée à celle de métier, et que les métiers sont toujours malpropres  ; il évoquait plutôt la peinture de fleurs que pratiquaient les archiduchesses parce que tout autre sujet eût été inconvenant. Ce qui le caractérisait le mieux était l’idée de culture  : il se jugeait profondément cultivé. On pouvait encore le qualifier d’harmonieux, parce qu’il avait toute dissonance en horreur et donnait pour tâche à l’éducation d’harmoniser les grossières contradictions qui règnent, malheureusement, dans le monde. En un mot, peut-être n’était-il pas si différent de ce que l’on entend aujourd’hui encore (mais seulement, il est vrai, là où l’on reste attaché à la grande tradition bourgeoise) sous le nom d’idéalisme  : sentiment bien propre et bien honnête, qui fait une distinction très nette entre ce qui est digne et ce qui n’est pas digne de lui, et se refuse, pour des raisons d’humanité supérieure, à croire avec les saints (et les médecins et ingénieurs aussi bien), qu’il y ait jusque dans les déchets moraux de célestes calories inexploitées.

Er war nicht sachlich, dieser Idealismus, weil Sachlichkeit handwerksmäßig und Handwerk immer unsauber ist  ; er hatte vielmehr etwas von der Blumenmalerei von Erzherzoginnen, denen andere Modelle als Blumen unangemessen waren, und ganz bezeichnend für diesen Idealismus war der Begriff Kultur, er fühlte sich kulturvoll. Man konnte ihn aber auch harmonisch nennen, weil er alle Unausgeglichenheit verabscheute und die Aufgabe der Bildung darin sah, die leider in der Welt vorhandenen rohen Gegensätze in Harmonie miteinander zu bringen  ; mit einem Wort, er war vielleicht gar nicht so sehr verschieden von dem, was man noch heute – allerdings nur dort, wo man an der großen bürgerlichen Überlieferung festhält, – unter einem gediegenen und sauberen Idealismus versteht, der ja sehr zwischen Gegenständen unterscheidet, die seiner würdig, und solchen, die es nicht sind, und aus Gründen der höheren Humanität keineswegs an die Überzeugung der Heiligen (und der Ärzte und Ingenieure) glaubt, daß auch in den moralischen Abfällen unausgenützte himmlische Heizkraft stecke.

Robert MusilL’homme sans qualités [1930]t. 1chap. 78 : Métamorphose de Diotimetrad. Philippe JaccottetLe1995p. 416
Mode : Lu

Hors les nés-coiffés et les éternels malchanceux, les hommes vivent tous également mal, mais à des étages différents. Pour l’homme d’aujourd’hui, qui n’a généralement que peu d’échappées sur le sens de sa vie, ce sentiment de l’étage est une consolation extrêmement appréciable. Dans certains cas grandioses, il peut devenir une véritable ivresse d’altitude et de puissance, de même qu’il y a des gens qui attrapent le vertige au dernier étage d’une maison, bien qu’ils se sachent au milieu de la pièce et toutes fenêtres fermées. Quand Diotime songeait qu’un des hommes les plus influents d’Europe travaillait avec elle à porter l’Esprit dans les sphères du Pouvoir, quand elle considérait comment ils avaient été réunis par une véritable intervention du destin, enfin tout ce qui se passait, même si au dernier étage de la grande entreprise humanitaire austro-mondiale, rien de particulier ne s’était produit ce jour-là  : quand elle songeait ainsi, ses associations d’idées semblaient des nœuds devenus nœuds coulants, sa vitesse de réflexion augmentait, le cours en était facilité, un étrange sentiment de réussite et de bonheur accompagnait ses inspirations, un afflux général de pensées lui valait des lumières qui l’étonnaient elle-même.

Von den Unglücksvögeln und Glückspilzen abgesehen, leben alle Menschen gleich schlecht, aber sie leben es in verschiedenen Etagen. Diese Selbstgefühlslage der Etage ist für den Menschen heute, der ja im allgemeinen wenig Ausblick auf den Sinn seines Lebens hat, ein überaus anstrebenswerter Ersatz. In großen Fällen kann sie sich zu einem Höhen- und Machtrausch steigern, so wie es Leute gibt, die in einem hohen Stockwerk schwindlig werden, auch wenn sie sich bei geschlossenen Fenstern in der Zimmermitte stehen wissen. Wenn Diotima bedachte, daß einer der einflußreichsten Männer Europas gemeinsam mit ihr daran arbeite, Geist in Machtsphären zu tragen, und wie sie beide geradezu durch Fügung des Schicksals zusammengeführt worden seien und was vor sich ging, auch wenn in dem hohen Stockwerk eines weltösterreichischen Menschheitswerks an diesem Tag gerade nichts Besonderes vorging  : wenn sie das bedachte, so glichen die Verknüpfungen ihrer Gedanken alsbald Knoten, die sich zu Schlingen aufgelöst haben, die Denkgeschwindigkeit nahm zu, der Ablauf war erleichtert, ein eigentümliches Gefühl des Glücks und Gelingens begleitete ihre Einfälle, und ein Zustand des Zuströmens brachte ihr Einsichten, die sie selbst überraschten.

Robert MusilL’homme sans qualités [1930]t. 1chap. 78 : Métamorphose de Diotimetrad. Philippe JaccottetLe1995p. 414-415