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Index « Lu »
Mode : Lu

Le monde dans lequel vous entrerez bientôt ne vous épargnera pas les heures difficiles. Trente années ont suffi pour modifier profondément la valeur des forces qui en constituent l’équilibre. Autour de notre France compacte et unifiée mais de population stationnaire ont grandi démesurément les races pullulantes de vie et regorgeantes de sève. Des nations nouvelles sont nées de la vie politique et d’autres réveillées d’une torpeur séculaire retrouvent avec les audaces de la jeunesse des ambitions de leur passé. L’Amérique élabore sur un plan plus vaste une humanité nouvelle, produit de la sélection de toutes nos humanités d’Europe. La massive et inhospitalière Afrique pénétrée de toutes parts, perd pour nous son mystère. Et voici, qu’acteurs imprévus dans le drame mondial apparaissent les jaunes, longtemps séquestrés dans un isolement volontaire, avec leurs réserves d’hommes inépuisables, leur énergie patiente et rusée et leur redoutable faculté d’adaptation. Tous ces nouveaux venus, profitant du lent travail accumulé par le vieil Occident et du trésor de sa coûteuse expérience, s’épargnent les longs tâtonnements, font l’économie de siècles de science et entrent de plain-pied et de niveau dans le courant du progrès moderne. Heureusement, le nombre n’est pas tout dans la balance des forces humaines, il n’est qu’un des éléments du succès. Une nation se soutient par la virilité des mœurs publiques et privées, par la concorde sociale, par l’éclat de l’intelligence et de l’effort continu vers le progrès.

Mode : Lu

Ceux qui ont de la force dans le pinceau donnent de l’ossature aux caractères, ceux qui en manquent leur donnent seulement de la chair. On dit d’une écriture qui possède une forte ossature et peu de chair qu’elle est « musclée », tandis qu’on appelle « cochons d’encre » les caractères qui ont beaucoup de chair et peu d’ossature. Une écriture pleine de force musculaire est une écriture accomplie ; une écriture qui n’en a pas est une écriture malade.

Mode : Lu

La période qui a débuté depuis que la croûte terrestre fut acculée aux qualifications de privé et public, veut que les instances de pouvoir désignées gèrent non plus seulement le partage du territoire mais aussi la disposition du bâti. Et pour légitimer leur démarche, nous les voyons se munir de tout l’attirail idéologique de la domination marchande : confort, esthétismes et sécurité. Les grilles d’analyse ici agitées semblent moins servir la réalisation de la fable que sous-entend ce credo que chercher à imposer, comme on imposerait un changement de devise monétaire, le change de la convivialité contre la satisfaction d’être « intégré », établissant ainsi une équivalence de principe entre surveillance policière et menace de la dissolution du foyer. C’est qu’une certaine législation voudrait que ceux qui s’organisent et expérimentent, entre autre, l’hospitalité sans concession soient obligés de se mesurer à la répression policière et judiciaire tandis que ceux qui gagnent leur vie et réussissent doivent se montrer aussi méritants et dignes qu’un chien de cirque se montre agile dans la réitération de son numéro. Cette dualité – bien que navrante composante du discours qui voudrait asseoir comme réalité territoriale la fable sociale (essayant de nous convaincre qu’une carte est le territoire) – trouve son fondement en un fait simple : le milieu matériel et territorial, dont le bâti est une constituante, est déterminant quant aux potentialités relationnelles de chaque être. Fiers de cet enseignement et véhicules du discours à la mode sur l’identité de la carte et du territoire, nombre d’architectes et de « collectivités locales » privilégient l’isolement (dé)responsabilisant de la maison individuelle et favorisent ainsi, comme perspective répressive, la honte d’être indigne des conditions de vie permises par les biens concédés.
La fable sociale, par souci de maintien, agite le vieil épouvantail de l’intranquillité sociale, évoquant son souvenir et ses dites résurgences, et déplace celui-ci vers un masque de discours portant sur la gestion de la subjectivité et de son environnement direct.
De son côté le territoire, par nature incapable de crédulité, continue d’évoluer sans que ce type d’initiative ne puisse totalement l’entraver.

*Anonyme« Ça a déjà commencé… »2012lien
Mode : Lu

Lorsque plusieurs gamins prirent des instruments percussifs, ils avaient pour référents communs des rythmes « stylisés » à telle ou telle sauce. La cacophonie n’était pas pensée comme cacophonie, et encore moins comme style : nous prenions appui sur des référents stylistiques qui avaient fermentés pour chacun d’entre nous depuis des années à la proximité de multiples sons. Si l’un chantait une chanson pop, les autres la connaissaient et l’avaient aussi comme référent stylistique. La cacophonie nous apparût ainsi dans le rapport que chacun, seul ou en groupes réduits entretenait avec un ensemble de référents stylistiques. Nous assistions, dans ces cacophonies naillacoises, à une inversion de cette logique du style pensé qui va vers la production sonore puis qui vient se loger dans l’oreille en étant identifié comme style musical (cette cacophonie pensée comme style, c’est Dubuffet, les bruitistes ou les plus sympathiques des dumistes… Et là, en terme de réception, cet ensemble de sons que l’on entend pour lui-même, on le perçoit aussi comme « style musical », on le comprend et l’accepte aussi parce qu’il est un « style »). Nous nous sommes dit qu’il y avait là une réversibilité de la logique du style musical.

*Anonyme« Ça a déjà commencé… »2012lien
Mode : Lu

Pour se combiner en situation de groupe il y a moins de systèmes applicables que des axes d’effectuation, dont les linéaments restent flous, indéterminés, ce qui implique qu’ils soient singularisés en chaque occasion. Il en est ainsi pour les chansons à boire, le eefing, les éléments musicaux d’une procession religieuse, les conciliabules rythmés de femmes de marins au Cap-Vert, les polyphonies villageoise ukrainienne, « happy birthday » ou d’autres chansons de circonstances, etc.

*Anonyme« Ça a déjà commencé… »2012lien