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Franz Kafka

13 entrées
Mode : Lu

Vague espoir, vague confiance.
Un interminable et mélancolique après-midi de dimanche, qui consomme des années entières, qui se compose d’années. Tour à tour désespéré dans les rues vides, puis, calmé, sur mon canapé. Étonnement, parfois, devant les nuages absurdes, sans couleur, qui défilent presque continuellement. « Tu es mis en réserve pour un grand lundi » « Bien parlé, mais le dimanche ne finira jamais. »

Vage Hoffnung, vages Zutrauen.
Ein endlos trüber Sonntagnachmittag, ganze Jahre aufzehrend, ein aus Jahren bestehender Nachmittag. Abwechselnd verzweifelt in den leeren Gassen und beruhigt auf dem Kanapee. Manchmal Erstaunen über die fast unaufhörlich vorbeiziehenden farblosen, sinnlosen Wolken. »Du bist aufgehoben für einen großen Montag !« — »Wohl gesprochen, aber der Sonntag endet nie.« 

Franz KafkaJournaltrad. Marthe RobertGrasset1954p. 5242 novembre 1921
Mode : Lu

Ah, pouvoir d’un seul coup être un Indien penché dans le vent sur un cheval au galop, sentir secousse sur secousse monter du sol qui tremble, avoir enfin abandonné les éperons car il n’y avait pas d’éperons, jeté les rênes car il n’y avait pas de rênes, et ne plus voir qu’à peine, devant soi, la plaine comme une lande rase, et même plus, bientôt, ni la tête ni l’encolure du cheval. (traduction Bilmann/Cellard, in La métamorphose, 1997)

Si l’on pouvait être un Peau-Rouge, toujours paré, et, sur son cheval fougueux, dressé sur les pattes de derrière, sans cesse vibrer sur le sol vibrant, jusqu’à ce qu’on quitte les éperons, parce qu’il n’y avait pas d’éperons, jusqu’à ce qu’on jette les rênes, parce qu’il n’y avait pas de rênes, et qu’on voie le terrain devant soi comme une lande tondue, déjà sans encolure et sans tête de cheval. (traduction Claude David, in La métamorphose et autres récits, 1990)

Si seulement on était un indien, prêt sur le champ, et sur son cheval au galop, incliné dans l’air, qu’on tremblait sans cesse sur le sol tremblant, jusqu’à laisser les éperons, car il n’y avait pas d’éperons, jusqu’à jeter les rênes, car il n’y avait pas de rênes, et qu’à peine vu le pays devant soi, lande bien tondue, encolure et tête de cheval évanouies. (trad. Laurent Margantin, oeuvresouvertes.net)

Wenn man doch ein Indianer wäre, gleich bereit, und auf dem rennenden Pferde, schief in der Luft, immer wieder kurz erzitterte über dem zitternden Boden, bis man die Sporen ließ, denn es gab keine Sporen, bis man die Zügel wegwarf, denn es gab keine Zügel, und kaum das Land vor sich als glatt gemähte Heide sah, schon ohne Pferdehals und Pferdekopf.

Franz Kafka« Désir d’être un Indien » [« Wunsch, Indianer zu werden » (1912)]
Mode : Lu

Deutschland hat Rußland den Krieg erklärt. – Nachmittag Schwimmschule.

L’Allemagne a déclaré la guerre à la Russie. – Après-midi piscine.

Franz KafkaJournaltrad. Marthe RobertGrasset1954p. 3832 août 1914