…if
eye hev munni
mai fren
Eye em
no frayt for
n-o wun.
No-wun sai mi : « Kaan »
No-wun skrim-----------------in !
Evrithing
Oolala eye dun !
Eye dres-Up goot
. klin .
Eye bai wun k-uz :
F-erra-ri
Drink sh-em-pun-ya …
kaa-ra-ti
Evrithing wich
dai dun
…if
eye hev munni
mai fren :
Ustalavista Ustralia
ey’m
gun !
Recherche
Publié en 1989
16 entrées- *Anonyme
- *Collectif
- Adorno (Theodor)
- Agamben (Giorgio)
- Ajl (Max)
- Al-Kindî
- Alferi (Pierre)
- Althusser (Louis)
- Antin (David)
- Aristote
- Artaud (Antonin)
- Ashbery (John)
- Aspe (Bernard)
- Augustin
- Ávalos Soto (Angela Beatriz)
- Averroès
- Bailly (Jean-Christophe)
- Baraka (Amiri)
- Barnes (Djuna)
- Barthes (Roland)
- Bataille (Georges)
- Baudelaire (Charles)
- Beck (Philippe)
- Beckett (Samuel)
- Bellay (Joachim du)
- Bénézet (Mathieu)
- Benjamin (Walter)
- Benveniste (Emile)
- Bergman (Ingmar)
- Bergson (Henri)
- Bernanos (Georges)
- Bernhard (Thomas)
- Beynon (Lucy)
- Blanqui (Auguste)
- Bloch (Ernst)
- Boccace
- Boute (Antoine)
- Bouveresse (Jacques)
- Boyer (Anne)
- Brassat (Emmanuel)
- Brecht (Bertolt)
- Brentano (Franz)
- Brinkmann (Rolf Dieter)
- Brun (Marl)
- Brun (Marl )
- Burton (Robert)
- Butler (Judith)
- Cadiot (Olivier)
- Calleja (Arno)
- Camatte (Jacques)
- Cantorbéry (Anselme de)
- Cardan (Jérôme)
- Cassin (Barbara)
- Certeau (Michel de)
- Cesarano (Giorgio)
- Chakrabarty (Dipesh)
- Chaves (Luis Fernando)
- Christoffel (David)
- Chtcheglov (Ivan)
- Coleridge (Samuel)
- Collu (Gianni)
- Cooper (Dennis)
- Coppo (Piero)
- Coste (Florent)
- Creeley (Robert)
- Cues (Nicolas de)
- Danos (Frédéric)
- Debord (Guy)
- Deleuze (Gilles)
- Deligny (Fernand)
- Des Forêts (Louis-René)
- Des lascars du lep électronique
- Descartes (René)
- Detienne (Marcel)
- Devereux (Georges)
- DeWitt (John)
- Di Prima (Diane)
- Donne (John)
- Dumont (de Monteux) (Pierre)
- Eckhart (Maître)
- Eisen-Martin (Tongo)
- Ernaux (Annie)
- Etchart (L.)
- Fabiani (Jean-Louis)
- Faccioli (Paolo)
- Fallisi (Joe)
- Fanon (Frantz)
- Feyerabend (Paul)
- Fishacre (Richard)
- Flinn (Michael)
- Foucault (Michel)
- Fourier (Charles)
- Freud (Sigmund)
- Gaon (Saadia)
- Gautier (Théophile)
- Gerson (Jean)
- Ghazâlî
- Gleize (Jean-Marie)
- Glissant (Édouard)
- Goldmann (Lucien)
- Goubier (Frédéric)
- Gratien
- Guattari (Félix)
- Guesdon (Maël)
- Hanna (Christophe)
- Harney (Stefano)
- Harvey (David)
- Hocquard (Emmanuel)
- Hocquenghem (Guy)
- Hoffmanstall (Hugo von)
- Hölderlin (Friedrich)
- Horkheimer (Max)
- Huet (Anne-Sarah)
- Humboldt (Wilhelm von)
- Huppe (Justine)
- Imbert (Claude)
- Jameson (Fredric)
- Janet (Pierre)
- Jean Damascène
- Jeschke (Lisa)
- Jesi (Furio)
- Jochmann (Carl Gustav)
- Johnston (Jill)
- Kafka (Franz)
- Kant (Immanuel)
- Kleist (Heinrich von)
- Klemperer (Viktor)
- Klossowski (Pierre)
- Kohn (Eduardo)
- Kracauer (Siegfried)
- Kristeva (Julia)
- L L de Mars
- Lacan (Jacques)
- Laforgue (Jules)
- Laing (Ronald David)
- Langer (Sam)
- Latini (Bruno)
- Latour (Bruno)
- Lecoq (Sylvain)
- Leroy (Olivier)
- Levi (Carlo)
- Lévi-Strauss (Claude)
- Libera (Alain de)
- Lichtenberg (Georg Christoph)
- Liebman (Alex)
- Linebaugh (Peter)
- Lizerand (Georges)
- Long Chu (Andrea)
- Luxemburg (Rosa)
- Lyotard (Jean-François)
- Mackey (Nathaniel)
- Macpherson (Crawford Brough)
- Maïmonide (Moïse)
- Mallarmé (Stéphane)
- Mandelstam (Ossip)
- Marcuse (Herbert)
- Marx (Karl)
- Mayer (Bernadette)
- Mémoire (Danielle)
- Mendelssohn (Anna)
- Michaux (Henri)
- Molière
- Moten (Fred)
- Müller (Heiner)
- Musil (Robert)
- Nelson (Maggie)
- Nietzsche (Friedrich)
- Noël (Bernard)
- Novalis
- O’Hara (Frank)
- Oppen (George)
- Panaccio (Claude)
- Paris (Jean)
- Péguy (Charles)
- Perniola (Mario)
- Pessoa (Fernando)
- Piron (Sylvain)
- Potay (Michel)
- Pouradier (Maud)
- Prat (Louis)
- Prigent (Christian)
- Proust (Marcel)
- Prynne (Jeremy Halvard)
- Quatrebarbes (Marie de)
- Quintane (Nathalie)
- Ra (Sun)
- Rabelais (François)
- Raworth (Tom)
- Reed (Ishmael)
- Renouvier (Charles)
- Rimbaud (Arthur)
- Robertson (Lisa)
- Robine-Langlois (Théo)
- Rosier-Catach (Irène)
- Rosset (Clément)
- Roth (Joseph)
- Roubaud (Jacques)
- Rubin (Isaak)
- Rueff (Martin)
- Saïd (Edward)
- Sanchez (Pascal)
- Saussure (Ferdinand de)
- Scalapino (Leslie)
- Schefer (Jean-Louis)
- Scherer (René)
- Schiller (Friedrich)
- Schlegel (Friedrich)
- Schrödinger (Erwin)
- Sebald (W. G.)
- Sohn-Rethel (Alfred)
- Sourice (Grégoire)
- Sperber (Dan)
- Spicer (Jack)
- Starobinski (Jean)
- Tarkos (Christophe)
- Theweleit (Klaus)
- Thomas d’Aquin
- Tiercelin (Claudine)
- Tiqqun
- Ulrich de Strasbourg
- Vachey (Michel)
- Valéry (Paul)
- Veyne (Paul)
- Vigny (Alfred de)
- Viveiros de Castro (Eduardo)
- Wallace (Robert G.)
- Wallace (Rodrick)
- Walser (Robert)
- Wang (Jackie)
- Weiss (Peter)
- Wieners (John)
- Williams (William Carlos)
- Wismann (Heinz)
- Wittgenstein (Ludwig)
- Wolman (Gil)
- Zukofsky (Louis)
- Π. O.
- Π. O.
No-wun
hev roolz
in da
g-emb-o-
li :
Yoo plai : Yoo looz.
Yoo drink : Yoo drunk.
Yoo it : Yoo shit.
Yoo looz munni : Yoo get upset.
Gon to hom :
Looz da
strit
. . . .
him punch him
him punch him too
him hit him
him hit him 2, 3, 4, …
him not hit him
him hit
« You no hit him ! »
him hit
« Liv him alon wil-yum ! »
him hit him more
« Eye punch yoo on noz ! »
him punch him in stomaak
him kik him in lek
him skrech him in face
« Gon to Hospitaal ! »
« Gon to Hospitaal ! »
him en him
gon to Hospitaal.
« It takes a plague to know a plague » may be said both of the principle of inoculation and of the historiography of epidemics. Certainly this was true of Daniel Defoe’s book, The Journal of the Plague Year, which was ostensibly about the Great Plague of London in 1665 but which actually was contribution to the planning of the plague in 1721 when both the bubonic plague and the smallpox re-appeared in Europe and the western Atlantic.
In 1721 the bubonic plague appeared in Marseilles where it was met with religious piety and repressive quarantine. In the Dutch ports cargoes were burnt and sailors forced to swim ashore naked. In London merchants, reeling under the interruptions of their profits by the financial scandals of the South Sea Bubble, were reluctant to agree to similar measures of quarantine. The danger appeared at a conjuncture of a) rural guerilla movement in some recently expropriated Royal forests, b) serious strikes by the industrial weavers of London, c) an urban crime wave, and d) mobs rioting against the Royal dynasty.
These instabilities took place amidst a widespread debate about the indiscipline of the working class and the desirability of establishing workhouses. The Government, therefore, called upon the Bishop of London to stress the gravity of the situation, so he hired Daniel Defoe to take up his pen to contribute to the formation of that moral panic characterizing the biomanagement of epidemic.
A l’utopie de la nostalgie il fallait un topos, cependant. L’un de ces topos est la mère. La figure de sa mère est présente, constamment, dans les textes et dans les propos de Pasolini (qui, jusqu’à sa mort, vivra avec elle). « Ce fut ma mère, déclare-t-il, qui me révéla comment la poésie pouvait être écrire de façon concrète. Ainsi, d’entrée la mère est une sorte d’Ange de l’Annonciation de ce dont le fils, littéralement accouchera. Les premiers poèmes sont écrits en frioulan, « à Casarsa dans la ville de (la) mère ». Et peu après, quittant le Frioul, c’est avec cette mère que le poète ira, dit-il, « se réfugier » dans cette sorte d’Égypte que seront les borgates romains. Autrement dit, si les « recherches anti-italiennes » à quoi s’essaient le jeune poète se développent dans le sens d’une quête d’étrangeté (à l’italien « central »), l’axe que suivent ces recherchent consiste en une remontée vers une sorte de « naturalité » de la langue : une langue « refuge » une langue de origines, plus « pure », incarnée, radialement « maternelle ».
De mes lignes matinales j’accroche la lumière montante, et les autres affrontent la lumière qui diminue. Moi, je me sens semblable à l’ermite de l’énigme : imaginez, dit l’énigme, un ermite. Il se lève à l’aube, avec le soleil. Il monte sur le chemin poussiéreux jusqu’au sommet de la colline. Il arrive en haut au soleil couchant. Il passe la nuit en prières et le lendemain, avec le soleil nouveau, il redescend pour arriver le soir dans la plaine. Montrez (telle est l’injonction de l’énigme) qu’il y a un endroit sur son chemin où il est passé à la même heure en montant et en descendant.
La solution, quand on y pense, est assez simple : inventez, nous dit-on, un ermite fantôme qui se lève à l’aube du second jour, en bas, au moment où l’ermite (réel) commence sa descente : supposez que l’ermite fantôme suit pas à pas, à la même allure exactement, l’ermite montant, le premier jour, sur le chemin (c’est son double).
C’est le même chemin. L’ermite qui descend et l’ermite ombre qui monte ne vont-ils pas se croiser ? N’est-ce pas là, en ce point de leur rencontre, le lieu de la solution ?
Pensez, vous, que l’ermite fantôme de l’énigme est un ermite de mémoire : que dans la lumière du soir, la lumière descendante, elle, Alix, ma femme, accompagne ma prose lente sur son chemin de papier. Pensez, si vous lisez, peut-être longtemps après la première, la dernière branche de mon récit, que quelque part nos images coïncident.
Le bilan sévère du projet ne fait que faciliter la reconnaissance de la solution, qui m’aveugle, comme étant l’unique possible, et me force à en accepter les conséquences pratiques, puisqu’il n’y a rien d’autre à faire, puisque je ne peux pas continuer comme avant, attendre que tout se mette en place de soi-même. Si je reviens, mentalement, en arrière, si je me dis, dramatiquement : « Je n’ai rien fait ! », c’est que je viens de découvrir ce qu’il faut faire pour faire, et ainsi je suis sûr de n’avoir pas d’autres choix, à moins de renoncer. Et renoncer, c’est me retrouver au moment initial, d’avant le Projet et le rêve, devant un jugement de nullité de ma vie, de toute vie. J’anime, en somme, devant mes propres yeux, le spectre de la mélancolie. Ce qui est tout autre chose, je le sais d’expérience, qu’éprouver la mélancolie elle-même.
Une tradition, peut-être apocryphe (les « dernières paroles » sont un domaine de prédilection des apocryphes) veut qu’Alice Toklas, rendant visite à Gertrude Stein à l’Hôpital américain de Neuilly, juste avant l’opération dont elle ne devait pas se réveiller, se soit entendu demander : « What is the answer ? » ; puis, après un silence : « Then, what is the question ? »
Il est vrai que vivre nous présente les réponses longtemps avant les questions.
Le monde est devant nous, chargé de réponses, et nous restons muets. Dans la « lande » ou « chambre » du temps dévasté nous errons, non à la recherche des réponses, mais dans la quête des questions. Mais à la différence de Perceval le Gallois, si jamais nous les trouvons, il est trop tard pour restituer à la prospérité la « Terre Gaste », la « Waste Land » de nos vies. Je ne crois même pas que le nœud se tranche au moment dernier, celui de notre mort. L’énigme reste énigme, jusque dans les yeux troués du cadavre. Qui résoud les énigmes perd la lumière du jour. La vérité creuse les orbites du vivant.
Une certitude à la fois distante, vague, mais intime et forte, donne une unité à un labeur continu, s’oublie dans l’enthousiasme local des découvertes, mais revient à point nommé dès que les obstacles, les échecs, les découragements s’accumulent.
Il était entendu, c’est-à-dire que je m’étais entendu avec moi-même pour reconnaître que rien ne pouvait être prétexte à cesser. « À quoi bon ? », me disait le démon nocturne, ou son double fraternel et sournois, le démon méridien : « À cela », répondais-je ; cela, le double futur du roman et du projet, qui est beaucoup plus que la thèse de mathématique (quand elle n’avance pas), (et plus tard quand elle est achevée, ce qui n’est pas mieux), beaucoup plus que le livre de poèmes (un échafaudage de sonnets).
Car cela, ma réponse aux démons, mon style pour les dompter (le « style », dit rakki tai), est plus, plus ambitieux, plus immense ; et surtout, toujours futur, toujours à faire. De la même étoffe (c’est le même tour de passe-passe) est ce qui est nommé « instinct de vie ».
Pendant les neuf premières années (comme il est dit au chapitre 2, « La chaîne »), je n’ai pas remis en cause la décision. Je n’étais pas oublieux de son contraire (car le démon nocturne et son frère de midi, le soleil double et noir au méridien de midi, emplissant le ciel vide de la perte de temps, me le présentaient à l’occasion), mais j’avais ma réponse toute prête : j’ai cela à faire, qui conduira au roman, au projet, qui en fera plus tard partie. J’en étais sûr.
De quoi pouvait bien me venir une telle certitude, qui n’était guère appuyée sur un avancement effectif de l’un ou de l’autre ? (Et il a suffi de regarder enfin cette vérité en face pour que tout s’écroule, un instant, avant de se rebâtir encore, mais autre, pour encore neuf années.)
Du rêve. Il n’y a pas d’autre possibilité.
La présence du rêve, en arrière-plan de ma vie, s’apparentait à une sorte d’édredon, ou d’oreiller de plume (un entassement d’oreillers plutôt, car il y avait plusieurs couches superposées de certitudes apaisantes), sur, ou sous lequel (lesquels) on voit, s’éveillant avec un inattendu sentiment de vacance, s’étendre devant soi une interminable journée lumineuse, faite de jardins, de promenade, d’amour, de lecture, de découverte. Sans bouger encore, on s’imagine. Il y aura du ciel, un ciel de bleu léger, des nuages tendres, une lune de jour peut-être, petite, prête à fondre, nuage elle-même. Il y aura une eau bougeante, entre des herbes.
De loin en loin, pourtant, j’entrevoyais un fond noir.
Comme parfois on s’imagine, en telle rêverie oiseuse, l’au-delà du visible du ciel, le fond de ciel comme on dit un « fond d’œil », le dessus-dessous de ce bleu qui vous trouble quand on y laisse s’immobiliser son regard ; plus loin que le ciel, on voit noir. L’entre-les-étoiles, le vide interstellaire des « space-operas », on le sent noir. Peut-être faut-il regretter l’imagerie encore si vivace à la Renaissance, l’emboîtement de sphères jusqu’à l’ultime, l’englobante du tout, la Sphère Céleste, ce grand et scintillant compotier d’astres, sans au-delà, ou un au-delà qui n’était que l’habitacle vaporeux, un rien-tout, demeure d’une pas trop pensable divinité (je parle d’une vision naïve, semi-cultivée, comme aurait pu être la mienne, disons, vers 1600).
Poursuivant cette comparaison (« j’aime cette comparaison »), je dirais que ces premières années après le rêve était dans ma vie une Renaissance sous le signe d’une cosmologie lumineuse et peuplée d’innombrables correspondances entre macrocosme et microcosme. Quelque effervescence de « poursuites » intellectuelles se manifestait sous la couverture des astres : la mathématique, la poésie, le sol solide, solidaires. Ce qui veut dire que tout cela était d’une fragilité absolue. J’étais porteur d’une certitude à l’avance ruinée, mais je ne le savais pas. Je ne le savais pas et de ne pas le savoir je pouvais avancer vers la révélation de la ruine en m’imaginant me rapprocher du commencement de la connaissance, inséparable du début de l’accomplissement. On a dit que toute vie bonne est une préparation à mourir. Cette partie de ma vie, ces neuf années, était plutôt une préparation à vivre : vivre serait le Projet.
Je devais poursuivre ailleurs ma préparation au projet : dans la mathématique, dans la poésie, dans une grande sévérité d’existence. L’austérité parfois érémitique qui se montrait nécessaire était comme fonctionnellement imposée par une recherche simultanée de voies dans les deux directions, duales et antagonistes en apparence, de la mathématique et de la poésie. En ces années, je vivais sous la contrainte : contrainte d’apprentissage du calcul, des formes poétiques, de leur mise en pratique simultanée. Mais aussi contraintes de la vie même : la règle de Paul Klee, « nulla dies sine linea », pas de jour sans avancer d’une ligne, suscitait simultanément de sévères exigences d’horaires, où se jouait sans cesse ma passion du dénombrement. La souplesse mentale indispensable pour les sauts perpétuels de la lecture à l’absorption des concepts de la théorie des catégories ou de l’algèbre commutative, l’effort d’immersion dans les langues lointaines des traditions poétiques voulues par le projet, n’étaient pas imaginables sans une rigidité concomitante de l’emploi de mon temps. Je me suis fait un devoir de solitude. De loin en loin je revenais à l’imagination du projet.
Je vivais dans un système de règles. Les règles de l’écriture poétique, les règles de la démonstration mathématique, les règles de vie constituaient trois systèmes qui se ressemblaient pour moi, qui avaient des chemins parallèles. Chaque règle, chaque acte selon les règles, était pensé comme préparatoire.