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Parlé

45 entrées
Mode : ParléGenre : Explication

La différence

Improcédure du 9.1.2018 : « La différence » (dans une cave de la rue Duguesclin, Marseille)

Le didactisme à vide est sans cautèle
quand il tourne des bras
ce n’est pas pour mimer faire passer du savoir
il ne fait pas les bruits de langue et de slideshow du savoir en train de passer
il fait d’authentiques bruits de posca
des crissements de style sur le rêche de la vie
(la vie pour aujourd’hui : l’espoir que s’expliquer s’explique
sans qu’il faille nécessairement suivre).

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Mode : ParléGenre : Discours

Le mystère familier des récents archaïsmes

1. I Ching
2. Trying to be David Antin
3. Unwritten texts (incl. autopathography)
4. Random insights into personal neurosis
5. The guéridon Louis-XV dream
6. Alexandrin workshop
7. Ça va
5. Chaleur et technicité du burrow
6. Dancing to a Georges Simenon interview
7. Friends applause, guts shiver

Mode : Parlé

Oniro​-​critie (PAM4952)

Le rêve ’écran-veille’ (1’30) Expression d’une activité mentale réduite (qui n’est jamais totalement à l’arrêt), il constitue un intermezzo pendant lequel le « je » rêve peut-être encore, mais ne se souvient de rien, sinon de recherches angoissantes et de rues obscures. Un organique confit de minéralité et végétalité précieusement altérées : du louis-xv, du marbre, Mensch Menge, Mensch unbestimmter Menge. Il est impossible de donner à ce genre de rêves une quelconque signification, si tant est qu’on parvienne jamais à les traduire en mots, leur message nous parvenant pour l’essentiel sous la forme de cheatcodes pour MegaDrive : ABBA BBA AABB (cependant, il n’est pas sûr que ces rêves n’aient pas une fonction biologique voire même psychologique - rééquilibrage énergétique par mise en ordre des informations : sauter un niveau, revenir au précédent, s’étoffer artificiellement pour bien figurer au dernier niveau).
Je regarde en haut. Il fait une poudre noire sur la ville. Alors sous mon chapeau et dans la bouche j’entends un goût d’encre (avec de minuscules étuis métalliques). Je vois. Aussi comme une cloche sur la poudre noire. Du cercueil umbestimmten Menschen, puis j’entends des pièces nautiques du sommeil (sur chevaux marins). Ravi je songe : un sanctuaire microscopique. Et je traîne mon butin.

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Mode : Parlé

22 novembre 2014 (PAM4652)

Bernard est né le 30 novembre 1928 et mort le 22 novembre 2014, tout à Paris, comme d’un seul segment mais avec beaucoup de voyages sur le segment [né – mort].

On loue Bernard pour son phrasé. Son articulation.

La photo la plus iconique de Bernard le représente à genoux, en bourgeois avili lisant de la poésie-debout. La poésie debout dit la sortie de la page. Elle dit aussi le hiératisme.

On célèbre la beauté, l’élégance, la classe de Bernard de son vivant comme à sa mort. Sa rectitude est physique ; moralement souple, Bernard ne refuse rien, critique peu, aime universellement.

Tout le monde appelle Bernard Bernard.

Bernard admet qu’on l’appelle Bernard, qu’on le dise écrivain réaliste, poète expérimental, artiste d’avant-garde, haut-fonctionnaire de l’apréguerre.

L’œuvre de Bernard elle-même se laisse intégrer au corpus des légendes critiques qui font les écoles, les chapelles, les histoires et généalogies sélectives ; c’est souvent en ce sens qu’on dit les œuvres « incontournables » – mot de la critique FOMO.

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Tirez sur – mais plutôt dans les jambes de – le médium (PAM4352)

Dans L’Efficacité Symbolique, Levi-Strauss rapproche le chamane et le psychanalyste. Il décrit leur double efficace, qui est aussi celle des incantations médiumniques : d’un côté, l’efficace rhétorique (« relation immédiate avec la conscience »), de l’autre l’efficace magique (« relation médiate avec l’inconscient »). En un sens, L-S fait du chamane à la fois l’auteur du chant et le héros de l’épopée. Choeur et quêteur (L-S dit : « le protagoniste réel du conflit »).

Chantant sa propre action, dramatisant son propre effet – comme on se donne de l’entrain en se frappant les joues, ou comme on appelle des orgasmes réels en les feignant d’abord, en les simulant pour les faire monter, ou comme les enfants qui se fouettent la cuisse pour faire avancer le cheval absent de leur crotch – c’est comme si le médium, le médium monologuant, était l’acteur et le doubleur, doublait ses propres prédictions de commentaires rhétoriques précautionneux (corrections, retouches, méticules contradictoires qui se donnent comme des précisions : left, or right, i’m saying left but i’m feeling it can be the right side as well). Le commentaire sur ses propres gestes fait d’ailleurs partie du trésor stylistique du mentisme décrit par Mounier (« énonciation des gestes,‭ ‬énonciation des intentions et des commentaires sur les actes »).

Il y a donc une prise en charge, par le médium – en son discours, en sa rhétorique même – de la confusion, de toute la confusion, ce qui peut-être libère le lecturé de sa propre confusion, le dégage des approximations et le place dans la position à la fois passive et maîtresse de récepteur, réactive une attention sélective (seuls certains noms, certains mots, sont perçus comme signifiants). Et qui sélectionne domine son sujet, somehow. Et sort de la confusion. Le médium lit une liste de noms, de relations, de mots, de faits vagues (accident, mort, âges de la vie) et dans sa litanie se glissent souvent des voilà, je vois tout ça, j’ai tout ça qui me vient, prenez ce que vous voulez, servez-vous, accommodez-vous avec ça, un seul mot de vous et j’explore cette piste plus avant, un seul mot de vous et je l’abandonne pour toujours, pas de problème, c’est votre choix, après tout « c’est vous qui voyez ». Le médium assume les errements, les approximations, et cette assomption vaut pour compétence qui augmente celle du lecturé, le dégageant. Ce savoir-faire lui fait savoir ce qu’il savait déjà et lui fait faire ce qu’il aurait fait de toute façon (mode psychanalytique).

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Mode : ParléGenre : Explication

Spécifiquement à l’avenant (PAM4052)

Réponses, empruntées au Livre de la Vie Dure et au Livre de la Vie Molle, à des questions que se posent les jeunes gens en communauté au Tuquet.

la vie dure
une cerise des opinions
comme grand petit sur le moussu des globes
et le moussu des seins des amis les plus tendres
et les plus ordinaires
aboulera aux autonomes de ça seulement vertueux,
aux moches aux yeux de leur propre parti
aux bannis de leurs propres enfers
et distribuera l’air de rien
toutes les joies réconciliées
en simplicité et en profusion
spécifiquement à l’avenant

Livre de la Vie Molle, parabole dite du « bain des molestants » – où les molestants, après avoir ravagé le temple, s’en vont aux thermes (14:32:26:72:13).