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Publié en 2014

23 entrées
Mode : Lu

Ne vous emmerdez pas : ajoutez deux feuilles de salade sauvées de l’épluchage à l’eau de cuisson des pâtes. Ne sert à rien. Brille comme un velours inondé.

Mode : Lu

Savoir que simplement dénoyautés et cuits à feu très doux couvert 25mn et trois c.s. de cassonade par livre les abricots reposés avec hachis de menthe se mangent blanchis de lait de soja et éclats de leurs propres amandes, savoir.

Frédéric Danos« Votre cuillère » Cuisine domestiqueLe Tigre2014p. 15
Mode : Lu

C’est l’hiver, les reflets qui réchauffent quand les gants sont mouillés, plaine immaculée, ciel comme l’absolue vitre des autres, craquelures des houppiers qu’on dessine, paradis calculé, retour en calèche, au coin du feu la marmite.

Dante racontait, et on sait que c’est faux, qu’en face des sept cercles de glace qui forment le centre de l’enfer, où les larmes gelées des damnés leur strient en tombant les joues de coupures toujours neuves, qu’en face de ces balmes de forêts pétrifies dans le froid, on entend le bouillonnement discret d’une sorte de sauce rougeâtre qui s’écoule dans des canaux infinis et au loin et dessine dans l’air une crête fumeuse qui serpente. On l’a déjà vu, déjà dit, déjà lu. (Ceux qui n’étaient pas là le savent mieux que quiconque.)

Depuis ma chambre, c’est un peu différent. Comme je sais qu’un rouge n’a rien à lui s’il n’a pas un peu d’ocre, que le carmin ne vaut qu’en touchant du marron, j’ai pensé que le kako d’un cochon (son jarret demi-sel, donc) irait bien aux couleurs venues de haricots. Cependant il me manquait la mer. Je voulais le bain et l’anorak, les hauts causses puants au lisier d’épandage et la vague qui, fatale, vous retourne au rivage : j’eus la vision d’encornets qui tournent à la violine quand on les cuits sévère. Le kako désalé trois heures dans des eaux changées trois fois est cuit lentement et pas moins de deux heures et demi avec une belle échalote émincée, un fin poireau entier et sa carotte comme on veut, un verre mélangeant haricots rouges et borlotti, six autres d’eau. Je n’ai pas su empêcher la baie rouge, le grain de coriandre, le genièvre et le piment oiseau d’aller y faire un tour, sont restés discrets, il faisait sombre, n’ai pas pu les compter. Sous la fonte qui diffuse la gélatine et la couenne fondent, emportent les sucs, les transforment. De temps en temps je remuais en savourant d’avance les bubons de la sauce qui perçaient en fumant.

C’était la veille et maintenant c’est demain. Je mets à réchauffer (une demi-heure de plus ne lui a pas fait de mal) tandis que les encéphales à tentacules de quelques encornets et ail reviennent à la poêle puis coriandre haché au moment de servir sur l’assiette du ragoût qui attend. L’ensemble fait vermeil et j’ai failli en rester là, fasciné par la scène écarlate, un syndrome de Stendhal fabriqué dans mon coin. Aujourd’hui je chante le collant du gluant de la peau qu’on mange sans vergogne, la viande qui se détache en fines fibres entre la langue et le palais, les haricots qui exhalent le piment dans leur pâte douceur, le poireau qu’on regrette de n’avoir pas plus long. Il n’y avait pas de place pour un peu de chapelure chauffée à l’huile d’olive et liée de persil dont j’avais la semaine passée coiffé au service un risotto de simple céleri dans une sorte d’autogratin sans four. Du coup, j’eus l’idée d’un dessert.

Frédéric Danos« Cidre ardent » Cuisine domestiqueLe Tigre2014p. 10-11
Mode : Lu

nous formons le monde
nous formons un monde magique
nous nous goûtons
nous faisons de la magie
nous sommes en conversation avec le démon
le fait d’être avec le démon
nous savons
nous avons le ce que nous avons pour avoir conscience
assez de cœur
nous avons assez de cœur
nous avons pour avoir conscience assez de cœur pour savoir
le démon pour être en train de converser avec le assez de
cœur de le démon
nous avons faim
nous avons la tentation de faire l’amour
nous sommes heureux
nous sommes heureux de faire l’amour
nous avons autant de cœur
nous avons tout autant de cœur
nous avons tout ce que le ce cœur nous avons fait un monde avec un démon
nous avalons
nous ravalons
nous avons autant le cœur de le savoir
nous avons une vie
nous avons autant la vie
nous avons autant de vie
nous avons un v vivant dans voulu dans vivant dans vie
le démon vient dans le, dans le cœur assez grand
et assez vivant pour qui le savent
nous avons le cœur assez grand pour le savoir
nous avons le tout ce que nous avons pour avoir conscience
nous avons conscience nous avons faim
nous goûtons
nous avons su valoir nous avons voulu savoir
nous avons su avant de commencer
nous avons un grand cœur qui va vouloir qui veut
toujours s’étaler dans la position d’en venir à revouloir savoir
toujours dans la position d’être conscient le vouloir savoir
le démon goûte le cœur
nous avons formé le monde avec un démon
le démon goûte le cœur et le cœur demande au démon
le cœur et le démon sont de la même sorte
le cœur et le démon ils font de la magie
nous avons formé un monde magique
d’où le fait que nous sommes dans un monde magique
la vie n’est pas à un autre endroit que la vie au cœur
où nous avons assez à boire
d’où le fait que nous sommes dans un monde magique
parce qu’il vogue
parce qu’il n’a pas de volonté
ni d’avant ni d’avalanche
parce qu’il est avant tout inventé
et ivre
et avant tout il est inventé il est inversé et il est ivre
soulevons
soulevons-le
nous avons assez de cœur pour soulever avec le cœur
et le démon et la conversation avec le démon et le monde magique
car nous avons formé le monde
et le monde est magique
nous produisons
nous nous produisons
nous procédons à notre destruction
comment nous nous procédons ?
nous nous produisons
nous procédons à notre destruction
où nous nous détruisons se produit
la destruction massive se produit
avec quoi nous ensevelissons-nous ?
nous nous ensevelissons dans la destruction
comment elle se produit ?
nous nous produisons
nous nous sommes faits de la destruction par ensevelissons-nous
où nous nous sommes mis à nous ensevelir
exactement où nous nous sommes mis à nous ensevelir
nous n’y coupons pas
nous avons autant le cœur de le savoir et assez de cœur
pour en avoir conscience
nous qui nous formons la destruction
nous nous mettons dedans
ce qui nous procède
nous nous mettons à procéder
à nous procéder à la destruction
nous nous produisons et nous formons le monde
le monde est magique
et dans quatre mois c’est l’été
mars avril mai juin
un deux trois quatre
quatre mois à tenir avant que ça soit l’été
quatre mois c’est pas long
ça passe assez vite
en attendant quatre mois ça passe assez vite et on est
d’un coup
dans l’été chaud
en pleine chaleur
en plein mois de juin
quand il fait très chaud en plein milieu de la journée
dans quatre mois et on est dedans

Christophe Tarkos« Le monde magique » L’enregistré [1998]P.O.L2014p. 297-303
Mode : Lu

Dernier point : C’est parce que je donne à la poésie pour tâche de dire le réel ou la réalité. Alors que la réalité est sans nom. Alors que la réalité est innommable. Alors que la réalité est hors d’atteinte. Alors que la réalité est sans commune mesure avec le langage. Alors que la langue ne peut que figurer le réel, que le renverser, que le convertir en image, etc. C’est parce que je donne à la poésie la tâche impossible de dire le réel, ou de me conduire au réel, à l’étreinte du réel, que je pense la poésie elle-même comme tâche impossible, inachevable, impensable, irréalisable, que je pense la poésie comme nécessairement toujours proche de son échec ou de son renoncement. Et qu’en même temps il n’y a rien d’autre à faire. Que c’est la seule tâche utile. Les [poètes] savent qu’ils ne peuvent pas ne pas écrire. Qu’ils le « doivent ».

Les [poètes] doivent savoir qu’ils pourraient ne pas écrire. Qu’écrire est proche de son échec et de son renoncement.

C’est le climat aporétique normal de ce qu’on peut continuer d’appeler « poésie », si on veut.

Conclusion. Je crois (vouloir) (pouvoir) (pouvoir vouloir croire) participer à la mise en œuvre ou en formes de la question : Y a-t-il quelque chose après la poésie ? La poésie comme pratique de cette question-là. Quel que soit le nom qu’on lui donne, qu’on lui donnera. Ou bien vers le silence, relation intégrale à la réalité intégrale, ou bien vers l’invention de la littérature, mot à mot lettre à lettre en commençant par le début dans le noir : A noir. Et forcément indifférent à ceux qui peuvent me prouver que je n’existe pas. À rendre les costumes visibles en tant que tels…

Jean-Marie Gleize« Intégralement et dans un certain sens » SortiesQuestions théoriques2014p. 46-47
Mode : Lu

1. J’ai besoin d’une certaine définition minimale de la poésie comme la seule pratique verbale, littéraire, échappant (ou tendant à échapper) aux contraintes et aux dogmes de la représentation : la poésie comme branchement direct (ah ! ah !) de la langue sur du réel (de l’inconscient, du physique, du pulsionnel), la poésie comme branchement direct ( !) de la langue sur de la réalité « objective » (du réel rugueux à étreindre, du réel sans nom et sans images et dénué de sens, etc.); la poésie comme pratique intégralement ( !) objective et « réaliste » en ce sens-là (qui est un peu le contraire du sens hérité du XIXe siècle) ; étant entendu que le « réalisme intégral », c’est comme le « nu intégral », il y a toujours de la nudité au-delà de la nudité. Cette pseudodéfinition (poésie comme seule pratique intégralement objective ou radicalement réaliste ou littérale non figurative) fonctionne évidemment comme un simple fantasme pratique.

2. Je prétends que la poésie s’affirme ou s’invente par la négation et le dépassement de ses définitions données, admises, apprises. La poésie consiste, pour une part essentielle, en son autonégation, en son autocritique, en son autodestruction plus ou moins violente. C’est en ce sens que toute vraie poésie est antipoétique.

3. Enfin ( ? !), je prétends que la poésie est sans définition, et qu’elle n’est que de cette ignorance. Poésie comme métier d’ignorance, et, d’abord, de ce qu’est la poésie. Épreuve, donc, ou exercice de l’ignorance.

Cela, tout cela, ce socle de propositions à logique incertaine, comportant à la fois une définition nécessaire, un refus obligatoire des définitions admises, et une absence principielle de toute définition, constitue le point de départ, le site originaire, le fond sur lequel se déroule un certain travail (de lecture, d’écriture, de transmission écrite ou orale). Et puis il y a le contexte, déterminé (à mes yeux) par une histoire.

Je résume : il y a le XIXe siècle, de Lamartine/Hugo à Rimbaud/ Mallarmé, le siècle qui fait la poésie comme question à la poésie, comme recherche de la poésie, comme rupture avec la poésie, etc. Jusqu’à la « catastrophe ». Avec Illuminations et le Coup de dés comme œuvres limites de cette évolution, portant la poésie au-delà de ses définitions formelles, de ses bornes. Crise du vers (par le vers libre et la prose) et crise du poème (par le fragment ou la partition, l’explosion spacieuse), et crise de la poésie elle-même : Rimbaud, tout de même, c’est bien celui qui lâche ça et qui dit Et alors ? et après ?

Et puis le nôtre, XXe siècle. À partir de là, de ce que je viens d’évoquer, le pacte liant la poésie avec son propre passé formel et, du même coup, avec ses lecteurs étant rompu, la poésie entre dans cette zone de turbulence qui est sa seconde modernité, sa modernité expérimentale (du poème-conversation au poème-objet, du fragment automatique au segment lettriste, du calligramme au poème sonore, du glossolalique au poème contraint, etc.).

Dans la mesure où aucune formalité nouvelle ne s’est imposée comme dominante et incontestable, on peut dire que, par-delà l’épuisement et la mort des avant-gardes historiques, cette modernité expérimentale reste, pour une part, notre présent poétique. La « richesse » formelle de la poésie contemporaine, sa polymorphie un peu effrayante, s’explique par la coexistence indifférente des solutions accumulées depuis cent ans et un peu plus. « Coexistence indifférente » pourquoi ? Parce qu’à l’ère moderniste de la Querelle (lutte des formes, lutte pour l’hégémonie formelle et théorique, lutte au nom de la Vérité), ère qui a duré jusqu’au dernier soupir des sectes telqueliennes, changistes, etc., aura succédé l’ère moderne ou postmoderne du tout est possible en même temps, que cent fleurs s’épanouissent sans faire d’ombre à leur voisine : paix entre les formalistes oulipiens et les adeptes de la performance, paix entre les adeptes de la textualité pulsionnelle-monstrueuse et les adeptes de la neutralité littérale-objective, etc. À la faveur de quoi, inévitablement, ont pu surgir ceux qui, constatant la fin de l’épisode convulsionnaire des illusions modernes, se prennent à espérer que la poésie en revienne au bon sens, se retrouve elle-même (telle que de toute éternité) et, du même coup, ses lecteurs.

Nous en sommes là, je crois. Et alors ? Relativement à cela : « la poésie » comme genre autonome et spécifique ? 

[Restauration de poésie-forme.] – J’en vois, je viens de les évoquer, qui rêvent de restauration. La poésie rendue à sa définition, à ses formes, à sa vérité, etc. Rien à dire.

[Poésie comme réinvention des langues et des formes]– J’en vois d’autres, qui veulent eux aussi confirmer la poésie dans sa spécificité, mais en plaçant sa définition non dans la stabilité d’anciennes formules, mais au contraire dans la production et prolifération de formes et formules nouvelles, par auto-engendrement, par jeu méthodique, par investigation systématique des contraintes possibles, par emprunt à d’autres traditions que l’occidentale, etc.

[Départ de l’objet « poème »]– J’en vois, enfin (j’en suis), qui sont prêts à quitter l’objet poème, l’espace poésie, pour un espace et d’autres objets qui n’ont pas forcément de nom, ou pas encore de nom. Lorsque Francis Ponge s’aperçoit que son pré ou que sa figue ou son savon ou sa table ou son bois de pins ne sont plus des objets-poèmes ou monuments verbaux mais des actes-textes ou documents, ou mobiles, il lui faut bien s’avouer qu’il est en recherche d’une forme, comme l’autre disait qu’il lui fallait trouver une langue. Il est arrivé à Ponge de nommer cette forme inconnue Sapate ou Momon ou Nioque ou que sais-je encore, mais, de la même manière, Nathalie Sarraute a dit Tropismes pour ces textes qui n’appartenaient à aucun genre, ou Denis Roche, Antéfixes ou Dépôts de savoir & de technique pour des textes produits après la poésie ou en relation avec la photo ; je sais aussi que Michel Butor, après la poésie et le roman, a écrit des textes comme Mobile ou Boomerang qui n’ont à proprement dire aucune définition générique… Ceux-là se disent non-poètes, ou apoètes ou antipoètes ou simplement écrivains, selon qu’ils pensent devoir situer leur travail par rapport à la « poésie » ou au-delà du vieux partage des genres… La survie de la poésie comme telle n’est pas leur problème en tout cas, sous forme ancienne ou sous forme nouvelle.

Jean-Marie Gleize« Intégralement et dans un certain sens » SortiesQuestions théoriques2014p. 43-46
Mode : Lu

Être réaliste en poésie, c’est reconnaître que la poésie n’est rien, et qu’elle n’a qu’à s’enfoncer dans le trente-sixième dessous qui est son séjour normal et où on ne manque pas de la renvoyer lorsque l’occasion s’en présente. J’ai appris il y a quelques jours qu’un débat sur la poésie, commandé par Le Monde des Débats et prévu pour décembre, puis janvier, puis février, ne serait en définitive pas publié : il a paru aux responsables du journal que ce débat ne répondait pas aux bonnes questions, celles que le lecteur est censé se poser – À quoi ça sert, la poésie ? par exemple.

On se rappelle l’amusant slogan théorique proposé par Denis Roche au début des années soixante-dix : « La poésie est inadmissible, d’ailleurs elle n’existe pas. » Je suis de ceux qui ont choisi de réfléchir sur le ou les présupposés « littéraires » de cet aphorisme. Mais ce qui est certain, c’est qu’avant ces significations métapoétiques ou stratégiques, un tel propos pouvait, peut toujours être entendu littéralement comme énonçant une vérité pratique, concrète, simple, évidente, aveuglante : la poésie n’a aucune existence sociale, ce qui implique, logiquement, qu’elle ne doit prétendre à aucune reconnaissance sociale, et qu’au besoin, il faut l’aider à faire preuve de discrétion. La poésie est ce dont il convient de ne rien dire. Ce dont on conviendra de ne rien dire.

Jean-Marie Gleize« Intégralement et dans un certain sens » SortiesQuestions théoriques2014p. 42
Mode : Lu

La leçon de Rimbaud, ce serait : essayage intense et rapide de tous les costumes, d’un maximum de costumes (pour voir) (cette dernière parenthèse prononcée en pressant plus ou moins fortement sur le verbe voir). Le costume de l’enfant, ce serait finalement (du moins, c’est à ce point de la leçon que je crois être parvenu) l’absence de costume vers quoi il s’agit de se diriger, de se dégager. Celui qui ne parle pas encore, qui est en puissance de parole. Il claque la porte. Il se retrouve debout dehors. Il « tourne ses bras ». J’imagine qu’il est nu. Le paradoxe très simple, c’est qu’il faut traverser une grande épaisseur de paroles dites, écrites, formalisées, diversement costumées, un très grand nombre d’images aussi, toutes plus « merveilleuses » les unes que les autres, pour déboucher sur le debout nu dehors, « en puissance ».

Mode : Lu

Il y a des poètes qui enseignent. Beaucoup. Je m’en tiens ici à ce costume, exemplaire : instituteurs (mot périmé, je crois, mais très beau), professeurs de collège, professeurs de lycée, professeurs de college au sens américain (premier cycle universitaire), professeurs d’université, et même (forcément un seul à la fois), professeur au Collège de France. Dans ce dernier état : costume (apparemment) simple (Bonnefoy). Je crois que tous ceux-là (les Guglielmi, Stéfan, Sacré, Prigent, Deguy, etc.) croient (je crois avec eux, bien sûr) qu’il y a un lien entre le travail de poésie et le travail de transmission, transfusion, translation, « métaphore » des savoirs et des questions. J’aurais dû écrire : je sais que ceux-là savent (d’expérience) que. Et puis il y a ceux qui refusent tout costume comme tout rôle, ou toute fonction. En chômage stratégique.