Aller au contenu↑

Recherche

Publié en 2016

37 entrées
Mode : Lu

444. Définitions en S + 7. Exemples : – académicien : ver parasite du porc. – écrivain : herse destinée à émietter la croûte superficielle d’une terre. – lecteur : fonctionnaire romain adjoint à un proconsul. – printemps : forme d’un cristal qui a plusieurs faces parallèles à une même droite. « Les printemps irisés de la neige » (Nerval). – été : Durée qui n’a ni commencement ni fin « Il songeait à l’été futur, étrange mystère ; à l’été passé, mystère plus étrange encore » (Hugo). – Poésie : pop. argent « avoir de la poésie plein les poches » (Céline). – prose : caractères quantitatifs et mélodiques des sons en tant qu’ils interviennent dans la poésie « en apprenant la poésie d’une langue, on entre plus intimement dans l’esprit de la nation qui la porte » (Staël). – ciel : techn. : levier à dispositif recourbé.

Mode : Lu

402. Ce qui peut arriver de pire au roman c’est le « poétique ». See « la recherche » : its cloying sentimentality. On lui pardonne plus ou moins parce que ce n’est pas de la poésie.

403. Des commencements perpétuels parce que des fins provisoires.

Mode : Lu

1470. Les philosophes, si jamais ils s’intéressent à la poésie, ne connaissent en règle générale qu’un poète. Ils ont « leur » poète. Deleuze-Guattari connaissent, apparemment, Henri Michaux. Heidegger avait phagocyté Hölderlin. Milner, dans « L’amour de la langue », s’intéresse à Bonnefoy (comme Renaud Camus). Certains Philosophes assignent à certains poètes des rôles : X est ceci, Y cela. Ils font même d’eux (ainsi Badiou de Mallarmé) des philosophes à part entière. Ils se comportent en cela comme le lecteur un peu paresseux. Cela ne tire pas à conséquence. Mais ce qui est tout à fait défendable chez un lecteur est plutôt abusif chez le philosophe. Il s’agit en fait d’une dénégation radicale de la poésie. La poésie n’a pas qu’un seul représentant. Il n’y a pas qu’un seul poète.

Mode : Lu

3747. Chaque objet, of course, doit avoir sa propre singularité, son inscape et son instress. Mais Constable ne recherche guère les singuliers ; il vise un inscape général, un instress du temps saisi dans les changements constants du ciel.

Mode : Lu

3736. C’est la « composition » des ciels qui dit le temps. Les nuages ont la charge du temps. Le paysage au sol marque la permanence. Mais c’est une permanence caduque. Car simultanément le ciel perpétuellement changeant a un large degré de permanence, puisque les « châteaux » de nuages, comme dit Shelley, sont sans cesse reconstruits. Et le pourrissement végétal, les ruines des habitations, etc., marquent au contraire l’irrémédiablement passé dans le paysage au sol. Permanence et changement échangent leurs propriétés (c’est cela le rapport passé-présent, temps-durée) ; et pour les faire sentir de la manière la plus efficace il faut que le ciel soit aussi exact que le reste du paysage.

3737. Constable’s paradox : the ever-present in perpetual change : clouds (see Damascius selon Simplicius).

3738. Constable’s Sky Studies : Une condensation du changement des nuages ; pas un instant du ciel, en fait. Much different from photography. Mémoire, et non souvenir.

3739. His paintings are his life (see Zuk).

3740. « The complementary aspects of conventional landscape painting which C. wanted to suppress : one was the imitation of landscapes painted by earlier artists, the other the telling of a story, the allegorizing or otherwise tarting up the landscape. » But this in order to tell another story : the (natural) history of the weather. The story of time through the changes in the forms of clouds. A composition in time.

Mode : Lu

4143. Dans l’inframince passe la langue.

4144. L’explosion du jeu de mots a suivi l’implosion de la rime.

4145. Projet d’art de mémoire : faire de tous les objets du monde des rm. Les titrer, les signer.

4146. Lascault : « qui parle de Duchamp ne doit jamais rejeter un jeu de mots possible. » Hum. Bien au contraire… ne devrait accueillir un jeu de mots qu’avec d’extrêmes précautions.

4147. Thierry de Duve, définition du ready-made : « c’est une œuvre d’art réduite à l’énoncé « ceci est de l’art » ». Non. C’est une œuvre d’art de poésie.

4148. (rem. 3825) D’où, en remontant, du poète passionné de machines par essence célibataires (phonographe, photographie en couleur, mécanisme pour la communication avec les planètes), Charles Cros.

Mode : Lu

205. Un poème devrait avoir un projet formel, pas seulement une forme prise parce qu’elle se trouvait là.

206. La poésie n’est pas une citation de la langue mais son signal.

207. La poésie est (au début) une mimesis aurale.

208. Le mot oreille contient aussi le mot réel (mais cette fois « dans le désordre »).

209. Un poème réel est sa propre idée.

210. Un poème ne se distingue pas de l’idée de lui-même.

211. Chaque poème est singulier dans la succession.

212. Dans un poème tout peut arriver.

213. La technique de la poésie est combinatoire.

214. Poésie : une pensée sans connaissance.

215. Poésie : une pensée qui perd connaissance.

216. Si vous n’avez pas (ou plus) de poèmes dans la tête, je vous plains.

Mode : Lu

194. La poésie est maintenant (un aspect de l’hypothèse) : le poème n’existe que dans le moment de sa profération ou appréhension (œil-oreille).

195. Les poèmes ne sont que dans un présent non discrétisé, plein, continu, étendu.

196. Du point de vue de la poésie, les tautologies jouent le même rôle que les paradoxes.

197. La poésie disant ce qu’elle dit en le disant ne dit pas quelque chose. Elle ne dit pas quelque chose qui serait hors d’elle, ceci ou cela. D’où on conclura aisément (selon l’opinion), qu’elle ne dit rien.

198. La poésie est comme le mètre étalon. Une langue s’y mesure, qui sans elle serait sans mesures. Mais elle ne se mesure pas elle-même.

199. La traduction est une mesure indirecte de la poésie.

Mode : Lu

178. Sens des arts de la mémoire : intériorisation de la mémoire externe.
179. Lutte de la mémoire interne contre la mémoire externe, plutôt que lutte de l’oral contre l’écrit, à travers une lutte de l’« aural » contre le visuel (anti-Ong). Contre le « partage des tâches » scientifiques entre langage, écriture et raisonnement (pour lequel, selon Platon et Aristote, le langage internalisé, la logique, suffit).
180. La pensée dite « occidentale » nie la mémoire, nie le rôle premier de la mémoire dans toute pensée. Elle tend à l’exclusion ou infériorisation de tout autre savoir (mémoire manuelle, gestuelle : outils, arts du geste ; mémoire langagière : poésie).
181. La conception du poète « fabbro » ou « facteur » insiste sur cette parenté des savoirs déniés.
182. À la mémoire aussi appartient le savoir du conte.
183. Le conte dit « folklorique » semble exclu de la discussion sur l’oralité : Coyote ne circule pas moins oralement qu’Homère.
184. Pour Simonide la mémoire est demi-divine : mi-âne mi-cavale.