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Publié en 1957

2 entrées
Mode : Lu

Il s’est révélé que parmi les employés que je paye à la journée, certains, peu scrupuleux, n’accomplissent pas le travail d’une journée méritant une journée de salaire, et qu’ils ne remplissent pas leur devoir, qui est de travailler de toutes leurs forces à la croissance légitime de mes intérêts (par quoi ils atteignent les objectifs pour lesquels ils sont payés). Certains ont prétendu à une sorte de droit à musarder, estimant que leur cadence et leur habileté les autorisaient à travailler moins d’heures que les autres. D’autres, particulièrement insensés, ont visiblement cru qu’il suffisait de faire acte de présence sans s’investir dans le travail ; ils ont fini par s’imaginer être seuls juges de leurs devoirs et, par un recours à une justice fantaisiste, se sont figurés que leur salaire leur serait dû même s’ils alignaient leurs efforts sur les plus fainéants. Ils oublient un peu vite la parabole de l’évangile selon laquelle c’est au maître seul que revient d’évaluer les efforts, que ceux-ci soient fournis à la onzième ou la sixième heure – et rien ne garantit que le premier arrivé sur son poste de travail reçoive quoi que ce soit. […] D’autres encore ont eu l’impudence de se glorifier de leur nonchalance et de vanter les mérites de leurs collègues plus diligents, estimant que leur paresse et leur négligence – sauf quand ils se savent observés ! – leur donneraient droit aux mêmes salaires que ceux qui besognent consciencieusement. Par ailleurs, il en est qui manifestent un haut sens de l’honnêteté, et qui se donnent la peine d’être dignes de leur contrat et de la confiance qui leur est faite ; ceux-ci font volontiers des heures supplémentaires, si c’est le prix pour maintenir les performances de l’usine. […] Afin que la paresse et la nonchalance des uns soient détectées et que l’honnêteté et la diligence des autres soient récompensées, j’ai cru bon de faire compter les heures de travail par un surveillant, et d’ordonner […] que soient travaillées de manière effective quatre-vingts heures par semaine, déduction faite du temps passer dans les tavernes, dans les débits de boissons, dans les cafés, ainsi que du temps passé à déjeuner, à dîner, à jouer, dormir, fumer, chanter, lire les nouvelles, se disputer, se quereller ou à discuter de toute chose sans rapport avec mon usine, et ne me concernant aucunement.

Where as it hath been found by sundry I have employed by the day have made no conscience in doing a day‘s work for a day‘s wages, nor have not had a due regard in doing their duty of labouring to do their utmost in the lawful propagating my interest and answer the end of their being paid. Some have pretended a sort of right to loyter, thinking by their readiness and ability to do so sufficient in less time than others. Others have been so foolish to think that bare attendance without being imployed in business is sufficient, and at last thought themelves single judges what they ought to do, and came to the imaginary justice that they have thought that if they do as much as those that do least intitleth them to their wages, forgetting the parable in the gospel that it is entirely in the master‘s pleasure to pay him as much that cometh in the eleventh hour as he that came in the sixth hour, and no inquiry to he that came first […] Others so impudent as to glory in their villany and upbrade others for their diligence thinking that their sloath and negligence with a little eye service intitleth them to the same wages as those that discharge a good conscience. On the other hand, some have a due regard to justice and will put forth themelves to answer their agreement and the trust imposd in them and will exceed their hours rather than service shall suffer. I have in most services manner taken into consideration of persons that have the numberless number of persons that have been ruined by the extravagancy and negligence of their servants, and my charges in wages being so great and without there be a due care taken that I have service answerable to the wages I pay […] To the end that sloath and villany in one should be detected and the just and diligent rewarded, I have thought meet to create an account of time by a Monitor, and […] it is hereby declared that the intend and meaning of eighty hours must be in neat service ater all deductions for being at taverns, alehouses, coffee houses, breakfast, dinner, playing, sleeping, smoaking, singing, reading of news history, quarrelling, contention, disputes or anything else foreign to my business that doth not altogether belong to me.

Michael FlinnLaw Book of the Crowley IronworksSurtees Society1957p. 88-90§ 103 (« Monitor »)règlement intérieur de l’usine de d’Ambrose Crowley, député à la Chambre des communes (début du 18e siècle)
Mode : Lu

L’érotisme est, je crois, l’approbation de la vie jusque dans la mort. La sexualité implique la mort, non seulement dans le sens où les nouveaux venus prolongent et remplacent les disparus, mais parce qu’elle met en jeu la vie de l’être qui se reproduit. Se reproduire est disparaître, et les êtres asexués les plus simples se subtilisent en se reproduisant. Ils ne meurent pas, si, par la mort, on entend le passage de la vie à la décomposition, mais celui qui était, se reproduisant, cesse d’être celui qu’il était (puisqu’il devient double). La mort individuelle n’est qu’un aspect de l’excès proliférateur de l’être. La reproduction sexuée n’est elle-même qu’un aspect, le plus compliqué, de l’immortalité de la vie gagée dans la reproduction asexuée. De l’immortalité, mais en même temps de la mort individuelle. Nul animal ne peut accéder à la reproduction sexuée sans s’abandonner au mouvement dont la forme accomplie est la mort. De toute façon, le fondement de l’effusion sexuelle est la négation de l’isolement du moi, qui ne connaît la pâmoison qu’en s’excédant, qu’en se dépassant dans l’étreinte où la solitude de l’être se perd.