All right. The problem is that there is no new problem. It must awaken from the sleep of being part of some other, old problem, and by that time its new problematical existence will have already begun, carrying it forward into situations with which it cannot cope, since no one recognizes it and it does not even recognize itself yet, or know what it is. It is like the beginning of a beautiful day, with all the birds singing in the trees, reading their joy and excitement into its record as it progresses, and yet the progress of any day, good or bad, brings with it all kinds of difficulties that should have been foreseen but never are, so that it finally seems as though they are what stifles it, in the majesty of a sunset or merely in gradual dullness that gets dimmer and dimmer until it finally sinks into flat, sour darkness. Why is this ? Because not one-tenth or even one one-hundredth of the ravishing possibilities the birds sing about at dawn could ever be realized in the course of a single day, no matter how crammed with fortunate events it might turn out to be. And this brings on inevitable reproaches, unmerited of course, for we are all like children sulking because they cannot have the moon ; and very soon the unreasonableness of these demands is forgotten and overwhelmed in a wave of melancholy of which it is the sole cause. Finally we know only that we are unhappy but we cannot tell why. We forget that it is our own childishness that is to blame.
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Publié en 1972
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Pierre Clastres décrit le chasseur solitaire qui ne fait plus qu’un avec sa force et son destin, et lance son chant dans un langage de plus en plus rapide et déformé : Moi, moi, moi, « je suis une nature puissante, une nature irritée et agressive ! » Tels sont les deux caractères du chasseur, le grand paranoïaque de brousse ou de forêt : déplacement réel avec les flux, filiation directe avec le dieu. C’est que, dans l’espace nomade, le corps plein du socius est comme adjacent à la production, il ne s’est pas encore rabattu sur elle. L’espace du campement reste adjacent à celui de la forêt, il est constamment reproduit dans le processus de production, mais ne s’est pas encore approprié ce processus. Le mouvement objectif apparent de l’inscription n’a pas supprimé le mouvement réel du nomadisme. Mais il n’y a pas de pur nomade, il y a toujours et déjà un campement où il s’agit de stocker, si peu que ce soit, d’inscrire et de répartir, de se marier et de se nourrir (Clastres montre bien chez les Guayaki comment, à la connexion entre chasseurs et animaux vivants, succède Hans le campement une disjonction entre les animaux morts et les chasseurs, disjonction semblable à une prohibition de l’inceste, puisque le chasseur ne peut pas consommer ses propres prises).
Le propre de l’enregistrement œdipien, c’est d’introduire un usage exclusif, limitatif, négatif, de la synthèse disjonctive. Nous sommes tant formés par Œdipe que nous avons peine à imaginer un autre usage ; et même les trois névroses familiales n’en sortent pas, bien qu’elles souffrent de ne plus pouvoir l’appliquer. Nous avons vu s’exercer partout dans la psychanalyse, chez Freud, ce goût des disjonctions exclusives. Il apparaît toutefois que la schizophrénie nous donne une singulière leçon extra-œdipienne, et nous révèle une force inconnue de la synthèse disjonctive, un usage immanent qui ne serait plus exclusif ni limitatif, mais pleinement affirmatif, illimitatif, inclusif. Une disjonction qui reste disjonctive, et qui pourtant affirme les termes disjoints, les affirme à travers toute leur distance, sans limiter l’un par l’autre ni exclure l’autre de l’un, c’est peut-être le plus haut paradoxe. « Soit… soit », au lieu de « ou bien ». Le schizophrène n’est pas homme et femme.
[…]
Il est enfant ou parent, non pas l’un et l’autre, mais l’un au bout de l’autre comme les deux bouts d’un bâton dans un espace indécomposable. Tel est le sens des disjonctions où Beckett inscrit ses personnages et les événements qui leur arrivent : tout se divise, mais en soi-même. Même les distances sont positives, en même temps que les disjonctions incluses. Ce serait méconnaître entièrement cet ordre de pensée que de faire comme si le schizophrène substituait aux disjonctions de vagues synthèses d’identification des contradictoires, comme le dernier des philosophes hégeliens. Il ne substitue pas des synthèses de contradictoires aux synthèses disjonctives, mais, à l’usage exclusif et limitatif de la synthèse disjonctive, il substitue un usage affirmatif. Il est et reste dans la disjonction : il ne supprime pas la disjonction en identifiant les contradictoires par approfondissement, il l’affirme au contraire par survol d’une distance indivisible. Il n’est pas simplement bisexué, ni entre les deux, ni intersexué, mais trans-sexué. Il est trans-vimort, trans-parenfant. Il n’identifie pas deux contraires au même, mais affirme leur distance comme ce qui les rapporte l’un à l’autre en tant que différents. Il ne se ferme pas sur des contradictoires, il s’ouvre au contraire, et, tel un sac gonflé de spores, les lâche comme autant de singularités qu’il enfermait indûment, dont il prétendait exclure les unes, retenir les autres, mais qui deviennent maintenant des points-signes, tous affirmés par leur nouvelle distance. Inclusive, la disjonction ne se ferme pas sur ses termes, elle est au contraire illimitative. « Alors je n’étais plus cette boite fermée à laquelle je devais de m’être si bien conservé, mais une cloison s’abattait », qui libère un espace où Molloy et Moran ne désignent plus des personnes, mais des singularités accourues de toutes parts, agents de production évanescents. C’est la disjonction libre ; les positions différentielles subsistent parfaitement, elles prennent même une libre valeur, mais elles sont toutes occupées par un sujet sans visage et trans-positionnel. Schreber est homme et femme, parent et enfant, mort et vivant : c’est-à-dire il est partout où il y a une singularité, dans toutes les séries et dans tous les rameaux marqués d’un point singulier, parce qu’il est lui-même cette distance qui le transforme en femme, au bout de laquelle il est déjà mère d’une humanité nouvelle et peut enfin mourir.
La machine désirante n’est pas une métaphore ; elle est ce qui coupe et est coupé suivant ces trois modes. Le premier mode renvoie à la synthèse connective, et mobilise la libido comme énergie de prélèvement. Le second, à la synthèse disjonctive, et mobilise le Numen comme énergie de détachement. Le troisième, à la synthèse conjonctive, et la Voluptas comme énergie résiduelle. C’est sous ces trois aspects que le procès de la production désirante est simultanément production de production, production d’enregistrement, production de consommation. Prélever, détacher, « rester », c’est produire, et c’est effectuer les opérations réelles du désir.
Tandis que le « ou bien » prétend marquer des choix décisifs entre termes impermutables (alternative), le « soit » désigne le système de permutations possibles entre des différences qui reviennent toujours au même en se déplaçant, en glissant. Ainsi pour la bouche parlante et les pieds marchants : « Il lui arrivait de s’arrêter sans rien dire. Soit que finalement il n’eût rien à dire. Soit que tout en ayant quelque chose à dire il y renonçât finalement… D’autres cas principaux se présentent à l’esprit. Communication continue immédiate avec redépart immédiat. Même chose avec redépart retardé. Communication continue retardée avec redépart immédiat. Même chose avec redépart retardé. Communication discontinue immédiate avec redépart immédiat. Même chose avec redépart retardé. Communication discontinue retardée avec redépart immédiat. Même chose avec redépart retardé ».{12}C’est ainsi que le schizophrène, possesseur du capital le plus maigre et le plus émouvant, telles les propriétés de Malone, écrit sur son corps la litanie des disjonctions, et se construit un monde de parades où la plus minuscule permutation est censée répondre à la situation nouvelle ou à l’interpellateur indiscret. La synthèse disjonctive d’enregistrement vient donc recouvrir les synthèses connectives de production. Le processus comme processus de production se prolonge en procédé comme procédé d’inscription. Ou plutôt, si l’on appelle libido le « travail » connectif de la production désirante, on doit dire qu’une partie de cette énergie se transforme en énergie d’inscription disjonctive (Numen).
Les Sedang Moï d’Indochine, qui ont institué des moyens permettant à l’homme de renoncer à son statut d’être humain et de devenir sanglier, réagissent néanmoins différemment, selon qu’ils ont affaire à un sanglier véritable ou à un sanglier nominal.