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Antique stuff

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Antique stuff retrempé à la force des lourds internets, VierSomes 003 (The Berlin Edition) contient mon commentaire composé d’Une Vie de Maupassant sous le titre Flood season 3, un truc antique retrempé par la grâce d’un anglais qui consacre. Coquilles, marges maigres, grafimse, démembrement.

And in fact, all the same, in the end the whole thing
tends to look
like blocks of prose powdering
hacking about
the prosimetric temptation
like a cancer you might learn about
always one day too late
or so, already
reduced to verboseness about what dying is
or may be
might be
the statistical language
of probabblities overadjectivates loosely
suffixates, moral, sententious, urban
planning reconstructions
bring up a new balls :dignity ratio
adverse to both.
A baked tourist resembles their victims,
belly just differently bloated
disorder spreads to people’s names, manes
variegated climates appear
mad animals get cooked
look
the future and all
was all ready to be written
as only creation attunes
groans
this sleep
for all we care
for all we know
might as well last forever
and we would never report ourselves missing
yet, all this while,
our names & manes disseminate leisurely
the flood lasting more than a year
among others
and being already written
greeks & latins
the ancient historians
ancestors missing at the mall
dubious walk, suspect sprawl :
geeks on latrines, prophecies
in shapes of shit & cloud
the loo fasting more than a year
the same thing applies to groupers
and other missing animals
for which dignity’s not a dressing
cook ! mal ! add ! animals !
under the russety light of fire
history’s oozing things.

Mode : ÉcritGenre : Texte

Ein Querschnitt durch alles (3/3)

On pense, on craint, quand on prépare un bœuf bourguignon, de ne pas vraiment cuisiner un bœuf bourguignon, quand on écrit de la poésie (vers, champs, blocs, ou lignes, ou phrases, ou propositions) de ne pas être en train d’en écrire, quand on fait un film, de ne pas être suffisamment dans le cinéma – ou trop, ce qui revient au même, la posture consistant à vouloir à tout prix se situer dans la Nouvelle Cuisine, l’Anti-Poésie, ou le Non-Cinéma, produit des effets identiques, puisqu’elle présente l’assignation à un lieu, et l’obligation conséquente qu’aurait ce qu’on fait d’y entrer, ou de ne pas désirer y être, comme un impératif. Ce n’est pas un problème de savoir ou de maîtrise technique, mais le désir, soutenu par l’exclusion qui cerne ce dont on s’exclut, de rejoindre le point d’ancrage, l’horizon rêvé où l’on fait du vrai bœuf bourguignon, de la poésie, du cinéma – ceux qui sortent, à reculons ou excités du cinéma / de la poésie, les refondent, mais ceux qui s’y sentent et le revendiquent ne font pas mieux, en les maintenant bien inaliénables, privés.

Nathalie Quintane, Mortinsteinck

eQda : 2. Une putain de rage mitonne dans mon cœur

Version courte : quand le binaire n’amadoue plus, la connaissance est comme rendue momentanément indigeste. Peut-être surtout pour les yeux. Peut-être pas.

tachetache

« Objects I see in this water (EDIT : cum) stain : Do you still see things like you did in clouds when you were younger ? »1

Bonjours. Cet épisode porte sur l’épisode précédent. Depuis lui, j’ai eu 30 ans et deux fois suis monté sur scène : une fois pour faire rire par absence de dramaturgie, une autre fois pour faire chier par absence de dramaturgie. Ça n’est ni une chose ni une chose dont je suis fier, mais le temps écoulé en substance depuis l’été dernier a – comme le post de forum reproduit ci-dessus et cousu depuis juin dans la doublure de ma veste – instamment posé la question si je voyais toujours, ayant eu 30 ans, des choses comme j’en voyais plus jeune dans les nuages du ciel ou dans le sperme des draps.

La langue allemande enseigne

  • qu’on peut poser la question si… (die Frage ob…) sans passer par de savoir si…2
  • qu’on doit faire attention à ne pas être dupe d’elles quand on parle des choses, celles qu’on voit comme celles qu’on croit voir, celles perçues comme celles conçues, parce qu’elles circulent sous deux formes, deux sens, moins binaires que bifrontes : le Ding (un informe dardé : pierre, gland, chat, chien – toute configuration de la matière animée comme inanimée) et la Sache (une belle et authentique question : une dramatique de gland, un débat sur chat, l’affaire pierre, le souci chien – à chaque fois tout un plat).

Il semble évident que la plupart d’entre nous voit la plupart du temps dans tout – ses cieux comme ses draps – toute une production plutôt que du produit produit. C’est que tous nous dramatisons. Tous faisons de gros, gros efforts de dramaturgie pour ne pas nous cantonner à la vue mais accéder à la vision.

On aurait tort de croire que nos efforts de dramaturgie se réduisent aux moments où, monde des mondes, self des selfs, cœur des cœurs et cervelle des cervelles, on s’offre tout son soul sur scène à la grabouille d’un parterre d’yeux verjutés de chiance ou de rire.

Marseille : rires. (Accéder aux autres plats)

Pour se laisser faire indolent de la dramaturgie, il suffit d’un plan ; de même pour se mettre à faire impérieux de la dramaturgie, il suffit d’un espace travaillé par le regard comme fond : cieux, draps, page blanche, scène de théâtre effectivement. Il suffit d’avoir saisi, dans la grabouille d’un mur, d’un ciel, d’un tissu, d’une sauce de salade, ou dans le bordel de déterminations historiques qui saturent la page blanche et la scène, un ensemble et de s’y tenir, plutôt que de s’en tenir à la vue d’un hétéroclite profus.

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Mode : ÉcritGenre : Explication

Un clerc

Kenneth Goldsmith est un poète américain, primé par le MOMA et reçu à la Maison Blanche, qui a bâti son œuvre et sa réputation sur la pratique et l’historicisation de la « non-expressivité » et de la « non-originalité ». Le 13 mars 2015, Goldsmith a lu en public, dans une université américaine, un poème intitulé The Body of Michael Brown qui consistait en la reprise, présentée comme littérale, du texte du rapport d’autopsie d’un jeune homme noir assassiné par un officier de police le 9 août 2014 1. Répondant aux controverses nées de cette lecture, Goldsmith s’est récemment posé en victime d’une censure morale venant de la gauche.

Cette justification fait suite à une une déclaration quasi martyrologique dans laquelle il affirme avoir simplement reproduit le texte de l’autopsie – sans l’éditorialiser (mot anglais pouvant signifier « interpréter » ou « angler », dans le jargon journalistique) –, défendant une pratique de la littéralité qui indique (guck mal !), mais l’air de rien et sans la souligner, la teneur ou la charge idéologique du document source. La robe du grand mage débusqueur d’idéologies s’éraille cependant lorsque Goldsmith admet avoir altéré le texte pour produire un effet poétique (« altered the text for poetic effect »), traduit en anglais standard des termes du lexique médical qui seraient demeurés obscurs et auraient interrompu le flux du texte (« translated into plain English many obscure medical terms that would have stopped the flow of the text ») et narrativisé le texte de manière à le rendre moins didactique et plus littéraire (« narrativized it in ways that made the text less didactic and more literary »)2.

Que ces ajustements, retouches, altérations du texte d’origine ne soient pas perçus comme des écarts conséquents par rapport au vœu de littéralité interroge. Quel genre de théorie du langage suppose ces procédures non-expressives ? Quel territoire un terme comme « éditorialiser » recouvre-t-il si de tels arrangements en sont exclus ? Quel « art poétique » s’accommode de la polarité littéraire vs. didactique ?

Plus loin, Goldsmith dit n’avoir ajouté ni altéré un seul mot ou sentiment qui ne préexistât dans le texte d’origine (« That said, I didn’t add or alter a single word or sentiment that did not preexist in the original text. »). Un littéraliste déclaré affirme donc que la précaution qui consiste à préserver un lexique ou un registre sentimental suffit à tenir le serment de loyauté à l’égard d’un texte. Mais quelle est, au juste, la nature d’une loyauté au seul « scribe » – celui dont on prend la peine de corriger l’expression ?

On dit : le remontage de l’expérience du témoin est un problème dramaturgique vieux comme le premier crime. La réécriture « correctrice » de l’expérience du scribe fait, elle, en 2015, écho aux pratiques plus anciennes du clerc : assimilation de l’expérience individuelle à un corpus stylisé (piégé dans la catégorie dramatique de l’épiphanie qu’on peut aussi bien appeler breaking news), corpus auquel est conféré le privilège du caprice dans la désignation, la nomination et la domestication du flux. Ainsi le programme de non-expressivité et de non-originalité s’appuie-t-il commodément sur des énoncés originaux qu’il s’approprie dans la tradition (et dans le préau) de l’académie, celle qui aliène en prétendant transmettre.

Le même problème dramaturgique s’était posé à l’occasion de l’exposition exhibit b, dont les organisateurs ont répondu aux accusations de racisme par une déclaration dont le fond était que leur bonne foi d’antiracistes suffisait à pousser du bon côté du regard la reproduction de tableaux vivants par des acteurs noirs in situ. Le fait que la reproduction littérale, par des agents institutionnels, de zoos humains à l’intérieur d’un théâtre, se fût heurtée à des manifestations de non-acteurs également vivants et également noirs à l’extérieur du théâtre, constitue un énoncé d’une « littéralité » qu’aucune glose ne saurait réduire : à partir de maintenant, se laver les mains dans la grande tradition cathartique au sein d’une société bâtie et nourrie sur l’exploitation et sa douce historisation dans l’ordre des Grandes Découvertes (l’esclavage comme « contact » anthropologique, la colonisation comme « middle ground » etc.), ne sera plus possible.

Cette idéologie, qui a produit des cartographies molaires aux paysages discontinus, trouve son prolongement dans la foi de l’institution en son contexte comme paysage de reproduction d’exception (non-problématique en soi). À cette confiance, les non-acteurs répondent par la convocation d’un contexte plus large, celui d’une société dans laquelle le racisme est considéré comme une tache (« le cancer de la société ») pour éviter d’être traité comme mode, la collection d’énoncés qui va du cri de singe aux jets de bananes occultant la fabrique insidieuse du racisme institutionnel. Ainsi, en 2015, des non-acteurs à l’extérieur du théâtre ont une connaissance plus fine des problèmes de poétique et de dramaturgie que des artistes, à l’intérieur.

Le geste de Goldsmith rapatrie un corps noir dans le discours biologisant de l’universalisme blanc (fait d’une collection d’énoncés sans cesse contredits par la permanence de l’exploitation) et dit, depuis l’intérieur du théâtre, ce que ses énoncés dissimulent sous le va-de-soi de l’antiracisme : « une fois morts nous serons égaux ». En fait de littéralité, son geste ne fait que préserver l’équiformité de son document source3, mais il défère à son texte (par les modifications mentionnées tout à l’heure, les corrections de clerc) le statut de document de culture solidaire d’un ordre dramaturgique solidaire d’un ordre institutionnel ; aussi n’y a-t-il rien d’étonnant à ce que son geste appelle, en fin de compte, le même ordre de commentaires que ceux produits par sa cause (le défendre en définissant l’art conceptuel comme pain stimulus ne fait que confirmer ceci : la carte des affects suscités par une telle œuvre est superposable à celle de ceux suscités par le meurtre lui-même).

C’est ainsi que la conceptualité, en partie parce que décrétée de l’intérieur, rejoint les discours formalisateurs et indexateurs (rapports, gloses, expertises). Et c’est ainsi que Goldsmith, plein d’une foi dans son geste et dans une dramaturgie qui l’excepte (foi résumée dans la célébration d’une force du décontexte), se voit confirmé dans son rôle de clerc.

  1. Le rapport d’autopsie est libre d’accès (pdf, 6 pages, 15,7Mo) ↩
  2. Une dernière retouche, concernant l’agencement, n’est pas mentionnée par l’auteur dans ce message : la description des parties génitales de M. Brown a été déplacée en toute fin de texte, comme la soulignant de fait et couronnant l’ensemble du texte, ce qui ne peut susciter un simple commentaire mais appelle probablement un exposé long-comme-ma-bite sur les perceptions et représentations du « corps noir ». ↩
  3. L.L. de Mars, dans Synoptikon II – dérive du littéral (Pré Carré 3), et à propos de tout autre chose, fait la différence entre la littéralité soumise à sa cause énoncée (« elle traque une fidélité à sa cause — par une harmonique formelle, une équiformité déjà bien problématique — qui garantirait la forme idéalement sans reste susceptible de renvoyer aux conditions de sa réalisation, et autorisant le même ordre des commentaires, des interprétations, des propositions. On peut déjà s’interroger sur le sens d’une forme programmatiquement motivée par sa disparition même… ») et la littéralité qui abolit le supposé rapport, primordial, causal de l’énoncé sur la représentation (« c’est dans la morsure imperceptible d’un corps sur l’autre que l’énoncé et l’image qui en rend compte font de la littéralité une relation réciproque. »). Le texte de Goldsmith appartient à la première catégorie ; ce n’est qu’une image – infiniment expressive – de son propre conditionnement. L’ambition, celle d’une désubjectivation des modes de représentation, est non seulement manquée mais contredite par une déclaration de littéralité qui ignore le biais culturel par lequel elle paie son tribut à l’énoncé de référence. Autrement dit, sa procédure n’accomplit pas un décontexte radical, elle produit un recontexte spectacularisant. ↩
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PAM752 - MARS (ASMR EP)

ASMR (Autonomous sensory meridian response) refers to a pleasurable tingling sensation in the head, scalp, back, or peripheral regions of the body in response to visual, auditory, tactile, olfactory, or cognitive stimuli. Earlier names for ASMR are attention-induced head orgasm (AIHO), attention-induced euphoria (AIE), and attention-induced observant euphoria (AIOE). Attempts to describe the sensation have referred to it as being a « brain massage », « head tingle », « brain tingle », « spine tingle », and « brain orgasm ». Since the mechanism of ASMR is not thought to be related to sexual orgasm, terms involving orgasm are now considered misleading.

A commonly reported stimulus for ASMR is the sound of whispering. Various YouTube videos aim to induce ASMR, with the creators whispering or talking very softly into a sound recording device and, usually, a camera. The videos generally play out a recognisable, non-dialogical everyday situation with highly predictable speech content. Examples include experiences of benevolent care / pleasant service such as haircuts, massages, doctor’s appointments, job interviews or ear-cleaning. The make-believe situations are acted out by the creator, and viewers/listeners report an ASMR effect that can relieve insomnia, anxiety, or panic.

MARS est une planète tellurique présentant une topographie de cratères et de bassins d’impact. MARS a aujourd’hui perdu la presque totalité de son activité géologique interne, et seuls des événements mineurs surviennent encore épisodiquement à sa surface. La période de rotation de Mars est du même ordre que celle de la Terre et son obliquité lui confère un cycle des saisons similaire à celui que nous connaissons ; ces saisons sont toutefois marquées par une excentricité orbitale cinq fois et demie plus élevée que celle de la Terre, d’où une asymétrie saisonnière sensiblement plus prononcée entre les deux hémisphères.

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PAM652 – Gymnastik für alle

1.

Gymnastik für Alle takes its primary material and its title from a book of exercises. The book includes black-and-white illustrations of people exercising, people taking up postures and gesticulating in manners that will promote their health/their efficiency at being alive : their beauty/their efficiency at looking pleasurable.

Both principles (beauty and health) are part of the project of building a good nation, reproducing a good nation with only the necessary material, transforming the nation into the material necessary for the promotion of beauty and health, and reducing the consumption of all sports equipment that has no use-value other than its role as gymnastic prop.

The primary Gymnastik, Gymnastik A, deploys
people
chairs
stairs
tissues
the outside
the group
and the inside

in a gestuaire that only communicates the desire for the body to be healthy and beautiful. Gymnastik A can only « work » on this to the extent that its elements contradict the Standardbewegungen exacted from the body the rest of the time. Its gestuaire deploys the useful objects (« Nutzgegenstände ») – chairs, group, people, outside, tissues, inside, stairs – in a way that specifically deviates from the gestuaires that reign in the workplace and the domestic realm.

Nevertheless, Gymnastik A is definitely an element of the main, central, reigning gestuaire of social domestication.*

Gymnastik A claims that the taking up of deviant postures regarding chairs, stairs, the inside, people, tissues, the group and the outside that also promote efficiency and beauty is « aus dem Leben des modernen Menschen nicht wegzudenken » : i.e., Gymnastik A can’t imagine modern life without these deviant postures. « Sie erhält und verbessert die Gesundheit und trägt dazu bei, das physische Alter und damit die Leistungsfähigkeit zu verlängern » : i.e., taking up deviant postures and gesticulating in manners that promote health and beauty with tissues, the inside, stairs, people, etc, improve the modern person’s health and thus extend its ability to achieve goals and lifespan.

Thus, Gymnastik A contorts the useful deployment of workplace and domestic objects (people, the outside, the inside, and stairs) in order to prolong the modern person’s productive lifespan. Its deviation from the reigning gestuaire of social domestication is standardized with the goal of regulating the modern person’s death. Thus, Gymnastik A catalogues, with black and white illustrations, some elements of the nation’s main, reigning death-regulatory gestuaire, elements that deploy and are supported by people, chairs, stairs, tissues, the outside, the group and the inside.

Insofar as time « spent » exercising Gymnastik A’s gestuaire of standardized deviancy increases the productive lifespan, a superficially frivolous expenditure pays itself off.

Gymnastik A is good for society.

2.

Taken up as an exercise to jog mental disposition out of an ataxic state, Gymnastik B (Gymnastik für Alle) employs Gymnastik A’s postures and manners to facilitate verbal expression. The verbal realm of the « personal » recognizes the gestuaire that Gymnastik A illustrates, but ascribes meanings to it that differ from its original position as a health-and-beauty-promoting element of the main, reigning, central social gestuaire.

The verbal realm of the « personal » recognizes the principles (health and beauty) behind Gymnastik A, but, ignorant as to how to fulfill them, remains inclined to refuse its well-intentioned encouragement to do so.

Gymnastik B generates itself by taking up Gymnastik A’s promotional postures towards people, tissues, the outside, stairs, etc, into the code of its own inefficiency. This misuse of Gymnastik A is deliberate. B takes up A’s gestuaire as a sequence of motivations to model or tone the verbal realm of the « personal » and the situation in which it finds itself – aiming at facility, trapped in ataxia.

In general, Gymnastik B, basing itself on Gymnastik A, aims at verbal movement. It aspires to solve and move out of the « problematic situation ». Gymnastik B aspires to fail on Gymnastik A’s terms. But in aspiring to fail Gymnastik A, Gymnastik B cannot not succeed on Gymnastik A’s terms, at the very least, by producing. Through Gymnastik B, the verbal realm of the « personal » ends up painfully bowing down to the principles of being efficiently healthy and beautiful.

Gymnastik B (Gymnastik für Alle) has little emancipatory potential. In its protracted efforts to simultaneously contradict the principles of Gymnastik A and the ataxia of the « personal » verbal realm, it must accept the underlying importance of productivity asserted by Gymnastik A. It succeeds in contradicting Gymnastik A not in terms of its desire, but in terms of its result. The result, the product, Gymnastic B, Gymnastik für Alle, contradicts Gymnastik A’s proposition that a modern person without deviant postures cannot be imagined.

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La dépatouille

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La dépatouille est un jeu qui se joue à deux au moins, et lors duquel A donne à B des ordres qui doivent la mener à accomplir une action simple (se lever, marcher, boire un verre d’eau…). La contrainte tient dans le fait que B est totalement ignorante du gestuaire de la domestication sociale : ainsi, on n’obtiendra rien de B si on lui intime l’ordre « lève-toi, marche et bois ce verre d’eau », car les actions « se lever », « marcher », « boire », les indications déictiques du genre « ce », ainsi que l’équation objectale « verre d’eau » lui sont parfaitement étrangères. B n’a de connaissances langagières que celles qui réfèrent à des parties de son corps et à des positions absolues par rapport à celles-ci. Alors si B, avachie sur un sofa, doit accomplir marcher et boire un verre, « place ton poignet gauche au niveau de ton genou droit » est un genre de début acceptable pour la redresser. On nomme B l’empatouillée ; A la dépatouilleuse.

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Une fois l’action à faire accomplir déterminée, en secret, par la ou les dépatouilleuses, l’empatouillée entre dans le champ où va se jouer la partie et choisit sa position de départ : cette position implique le plus grand relâchement possible. La position de départ de l’empatouillée est son moment expressif ; un moment où les possibilités d’avachissement sont étendues au-delà des frontières de l’hospitalité. L’empatouillée vient solennellement se vautrer. Elle n’est pas simplement l’hôte docile de la dépatouilleuse, c’est aussi un convive qui choisit où et comment il perd connaissance, et organise ainsi la crime scene de laquelle il sera sauvé. A partir de là, et passé peut-être un moment de silence qui traduit à la fois l’inertie totale de l’empatouillée et l’embarras de la dépatouilleuse sur la marche à suivre, peut commencer la partie à proprement parler. Lors de cette partie, une autre liberté de l’empatouillée est de déterminer le spectre de sa compréhension ; ainsi certaines empatouillées décident qu’elles réagiront aux mots « droite », « gauche », « sol », voire à des indications d’angles (plie ton bras gauche à 90° le long du sol) ; d’autres, à rien de tout ça. Cette compréhension peut bien être évolutive ; une empatouillée éprouvée pourra décider avoir déduit, après l’avoir entendu dans divers contextes, la signification du mot « sol ».

La dépatouille est née dans le cadre feutré d’un appartement, un dimanche où les amitiés ne suffisent plus, seules, à motiver. De ce moment de panne, de frustration, de conflit latent, surgirent des énoncés qui se voulaient d’abord incitateurs (allez, lève-toi de ce canap, on se bouge, on est en train de perdre notre vie là) et devinrent assez vite autoritaires, remplaçant la négociation amicale autour de ce qu’il y a à faire par des ordres qui empruntaient aux figures du flic, du mac, du gangster, du docteur, du parent – figures dont les discours sont à la fois des rappels à l’ordre sur le mode de la menace prévenante (si j’étais toi je ferais attention) et l’expression d’affects particuliers qui sont brandis, dans cet ordre, comme des attributs canoniques (je ne suis pas quelqu’un de violent mais tu devrais savoir que…). Une partie de dépatouille porte parfois la marque de cette naissance douloureuse : bienveillance poisseuse, volonté de mouvoir donc de contraindre un autre corps que le sien, manipulation, ivresse de la parole efficace. Voilà pour le trigger warning.

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PAM452 - It’s warm. You can chill

It’s very very safe, not as spooky as it used to be but still charming and probably more quiet than what you can hear on TV. It has a lot of little shops and bars.

To be honest, it is a mix of nightlife, restaurants and little shops. So you can shop in the morning, enjoy a good meal outside and rock it to the next morning in one of our illegal basements. In fact you should try to shop in the morning, it’s beautiful (I love little shops, I can give tips).

Most of the houses in the area are beautifully renovated. There are some good squats. Besides, we have the best Korean BBQ place, best Italian, best Thai, beer Garden, German Currywurst Place, Tapas bar, best Sushi, Popup Dumpling, Mexican Tacos/Guacamole all in 5mins walking distance. I can wave over to them from my balcony :-)

I love getting in touch with people for tips. So far, I always got good reports on my tips. Normally it’s just me and my girlfriend during the day. I’m very present, specially during the day, because I’m freelance, but you can also smoke a cigarette with my girlfriend on the balcony.

Interaction always depends on the guest, but generally I love to give tips and am always open to enjoy a juice with the guest :) I think that in general my guests appreciate my tips but you can also organize your stay the way you want, I’m only here during the day anyway so feel free :-)

There should always be something of your taste, some have problems though. don’t trust everybody, I can give tips. Also, the ping pong and bowls is just around the corner. When you leave, don’t forget to leave a review in the book.

Besides your guest room you can participate in using the fully outfitted eat-in kitchen, the bathroom with shower and bathtub and the spacious living room. You should not hesitate to use them all but of course you can also just relax on the balcony. I’m only here during the day, mostly working on my thing with my girlfriend.

Here you can find different kinds of art. It’s very very plural. It can be weird at first how plural, people even call it « little everything » ;-) Since I work from home, I am very flexible in time, so that you can actually arrive at any time or ask me for tips while I’m working, plus I never say no to a good juice on the balcony. My girlfriend runs an off-space at night so she knows a lot of people with projects.

The flat is located and is central to cafes, restaurants and trendy bars that mark nearly every corner. I am happy to give you more tips on things to do and see here when you arrive ! « Neukölln » is a lively neighborhood and it is popular with students, artists, and other people. And frankly, who says no to a good old squat party they throw around here ?

You can find theire a lot of bars and restaurants. Good shopping possibilitys are located in about 5 min by walk from the appartement. Every corner is marked by a trendy bar. There are still some non trendy bars, but it is very clear as well when a bar is trendy or not. I find it very practical, with my girlfriend.

The space is big enough for two people to spend entire days inside. Its cosy, there is some WLAN and a Sound-System. The time I spend in the apartment, I am always up for espresso and interesting little talks. You can go grocery shopping in all kind of shops and almost 24h per day ; it depends on what you need. If you see some tips in the bathroom don’t be scared, I installed them myself.

People from a lot of different cultural backgrounds live next to each other and create a social and mostly warm and nice vibe. The vibe can be pretty crual in some neighbouring streets tho, you should’nt go out at night without having asked me for tips. Weather you are a couple, two friends, three children, four pigs or a single business traveller, the flat is pretty much a very good thing to spend day and night.

Have so-called brunch and atmospheric dinners in the large eat-in kitchen. Prepare your own meal in the well-equped kitchen when you don’t feel like going out. One bedroom has a cosy loft bed where you can sleep into the day if you feel like it, it’s just me on my girlfriend anyway.

If you feel like you want to get inspired, let your gaze wander over the yard and the roof of this typical apartment building. Have coffee or a glass of wine on the balcony soaking the atmosphere. My apartment’s special features and its great location make it the perfect home for me, my guests, and the passionate travelers in general.

Small and « independant » cafes and restaurants, galleries but also shops and supermarkets just a five minutes walk away. And of course : nice playing courts for the kids. All kind of kids.

The area is full of hip, fancy illegal clubs, restaurants, bars and cafès where you can enjoy amazing breakfast, lunch and delightfull dinners… including beers, wines from around the world as well as traditional or ethnic food. It’s all very ethnic, and I enjoy it, personnaly with my girlfriend.

In short it’s warm, bright and charming, it’s furnished, it’s in the pulsing heart of my favorite district, which is often described by locals as « one of the fastest developing areas since 2008 ». A balcony where you can chill. We hope to see you soon.

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La matrice Judex

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J’ai participé à la matrice Judex, une petite machine lancée par LL de Mars, et qui paraît aux éditions la cinquième couche.

Il s’agit d’un exercice à partir de planches inspirées par le film de Franju (lui-même adapté du feuilleton de Feuillade) mais toutes trouées, aux phylactères vides et fournies dans un ordre librement modifiable. Ma version s’appelle Fleuri, mondain, remugleux (pdf) ; c’est une parabole des rapports menacés par l’excès de salutations.

Et maintenant au revoir, respect à tous les vôtres, à biente.

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PAM352 – The voice of results

Concealment of the voice results in the beauty of the echo
(Saleel Al Sawarim, nachide populaire des ondes du Califat)

PAM 352 est un EP hybride de musiques populaire et dévotionnelle, deux continents musicaux ayant en commun le souci de la célébration (d’un sentiment, d’une foi, d’une loi, d’un être aimé, d’un non-être adoré, d’une substance révérée, d’une communauté politique, d’un État, d’une insurrection), partageant aussi l’affectation de ceux qui 1/ veulent partager leurs sentiments, 2/ ne veulent pas que la sincérité de ces sentiments – réifiés et pris au piège du format – puisse être mise en doute.

La musique populaire globale multiplie les afféteries (riffs, licks, runs), mais pas sur le mode de l’ornement baroque qui ronge la forme et, à force de licences, développe le décousu comme motif expressif d’une advention réfractaire à l’ordre naturel ; la forme pop est au contraire le carcan conforme à une autre forme, patronnante, celle du produit, qui garantit que ce qui s’offre au partage fait déjà partie de l’entendement commun. Le plaisir de la pop est celui d’une validation. De la même manière qu’un romancier naturaliste entérine les déterminismes (physiques, moraux, sociaux), ses productions célèbrent le naturel des sentiments, la naturalité de leur éclosion et d’ailleurs leur parfaite correspondance avec une histoire naturelle, c’est-à-dire un récit qui fait servir la nature à l’édification de l’humain.

La richesse de l’effet contraste avec la simplicité des lyrics : la sophistication technique donne à des harmonies aussi pauvres, répétitives que celles du genre militaire, le charme du reconnaissable sous l’enveloppe du nouveau. La scène de reconnaissance de l’harmonie enfin recomposée fonctionne comme le comic relief des dialogues de sitcoms, le refrain y jouant un rôle comparable à celui des rires enregistrés.

Les genres dévotionnels manifestent, eux, une affectation différente. C’est le pompeux des affects sains qui excite le tartuffe : ivresse de l’épure, du respect de la forme, de la variance affective individuelle soluble dans l’invariant de la loi divine. Un des plus vivants, des plus contemporains de ces genres est le nachide, rené à la faveur de l’enthousiasme jihadi. À de rares exceptions près, les anachides sont aussi des produits d’édification culturelle : les uns, armés, incitent ; les autres, éthérés, promettent. La voix y est, comme dans de nombreuses productions de pop globale, légèrement réverbérée ; l’écho indique la profondeur, l’effet décrète la grandeur, le ciel répond, sous la voûte des certitudes naturelles.

Le point commun de ces genres est leur vocation populaire : le conduit par lequel la voix intérieure donne à entendre son écho dans le monde est toujours, dans le cas de la pop comme dans celui des anachides modernes, le bon gros conduit des affects majoritaires. La mythologie médiévalisante – terme impropre au délire symbolique qui mêle paturons et kalaches (capacité à vivre paisiblement ses anachronismes qui est toutefois inspirante) – cette mythologie associée aux anachides convoque pour les occidentaux un temps où le peuple, avili au dernier degré, soumis à l’ordre inique de ceux qui réclament pour eux la nature, était célébré pour sa simplicité : « simples gens » disait la simplicité d’esprit que dieu avait compensée par une sorte de simplicité de cœur qui confirmait l’alibi du pouvoir de classe : le peuple ne peut certes pas penser, mais qu’est-ce qu’il sent bien…

La proposition faite par l’État Islamique aux populations qu’il soumet est comparable à celle de n’importe quel « État » bras-armé-magnanime-de-la-providence, ou de n’importe quelle « République Populaire » : la recohésion exaltante du public et du populaire.

Que la République compte, depuis le discours de son Président le 7 janvier dernier, au rang de ses valeurs, la « culture » et la « création » – sans autre précision qui viendrait nuancer cette ligne « civilisiste » dure – confirme la vacuité d’une telle fusion qui menace désormais de culture officielle cette République si magnanime et condamne des gens mal soumis à cet État (l’amalgame non-charli) : dans cet ordre à venir, ce que le peuple est encouragé à rendre public, c’est ce que les gardiens de la chose publique valident comme populaire.